Le Vlaams Belang reste en tête des sondages en Flandre : comment expliquer sa popularité ?

Le Vlaams Belang reste en tête des sondages, comment expliquer ce succès?
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Sondage après sondage, le Vlaams Belang confirme sa première place en Flandre. Comment expliquer le succès du parti de Tom Van Grieken ?

Avant de se lancer dans l’analyse des raisons de la réussite électorale du Vlaams Belang, petit rappel : lors des dernières élections de mai 2019, le parti a obtenu plus de 18%, ce qui le place en deuxième position des partis flamands, derrière la N-VA. Depuis, tous les sondages donnent le Vlaams Belang vainqueur en Flandre.

Une formation à rallonge

Il a fallu près de 500 jours aux négociateurs pour constituer un gouvernement fédéral. Selon le professeur en sciences politiques Dave Sinardet, cette formation à rallonge n’a fait que raviver l’aversion des citoyens envers les partis traditionnels : "Les intérêts des partis l’emportent sur l’intérêt général. Les électeurs avaient l’impression que les dirigeants politiques ne s’occupaient que d’eux."

Durant la période de négociations gouvernementale qui a duré plus de 16 mois, le Vlaams Belang ne cessait de répéter qu’il fallait retourner aux urnes pour que les citoyens s’expriment. Les autres partis ne souhaitaient par ailleurs pas de nouvelles élections, car "le seul qui pourrait sortir plus fort d’un nouveau scrutin, c’est le Vlaams Belang", avertissait alors Caroline Sägesser, chargée de recherche au Crisp.

Réseaux sociaux : une stratégie gagnante

Tom Van Grieken est le politicien le plus populaire sur Facebook. La semaine dernière, sa page a passé le cap des 500.000 likes. Il dépasse ainsi de loin tous les autres responsables politiques de Belgique. "C’est un média intéressant. On reçoit directement des feedbacks des gens. On peut savoir si le message passe ou pas", justifie le leader du Vlaams Belang, sur le plateau de De Zevende dag (VRT), ce dimanche.


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La tactique est simple : investir en masse dans les réseaux sociaux pour contourner les médias traditionnels afin de cibler directement les électeurs potentiels. Avec plus de 600.000 followers, le Vlaams Belang parvient même à avoir une audience plus importante sur les réseaux sociaux que les médias audiovisuels de référence flamands, VTM (437.000 followers) et la VRT (390.000 followers).

Mais le parti d’extrême droite ne se limite pas non plus aux réseaux sociaux, ils ont par exemple organisé une manifestation au Heysel fin septembre. Environ 10.000 personnes s’y sont rassemblées pour clamer que le gouvernement De Croo n’est pas leur gouvernement avec le hashtag #nietmijnregering.

Le pacte de Marrakech

"Génération après génération, les classes de politiques flamands essaient de résoudre le problème de l’extrême droite. Bart De Wever a toujours dit que c’était son intention d’annihiler le Vlaams Belang et il avait presque réussi", commente la rédactrice en chef du Nieuwsblad, Liesbeth Van Impe, dans Dring Dring, le podcast de DaarDaar vous fait découvrir la Flandre à vélo.

À la suite des élections de 2014, le Vlaams Belang flirtait en effet avec le seuil électoral (5,9%). Cinq ans plus tard, le parti a vécu une sorte résurrection. Selon Liesbeth Van Impe, Bart De Wever et la N-VA ont une grande part de responsabilité dans le retour du Vlaams Belang : " Avec la fin du gouvernement Michel et le pacte de Marrakech, le président de la N-VA est devenu nerveux. Il y avait des campagnes sur les réseaux sociaux où on voyait que la colère des citoyens était de retour."

Résultat : le gouvernement Michel est tombé sur la thématique de la migration, le fonds de commerce du Vlaams Belang. Même si la N-VA est restée le premier parti en Flandre, elle a payé les pots cassés et le Vlaams Belang a obtenu plus de 18% des voix.

Pas seulement un phénomène flamand

Mais pourquoi les électeurs se tournent-ils vers le Vlaams Belang ? Jan Antonissen, journaliste et auteur du livre De Ontfatsoenlijken, pointe deux éléments : l’inégalité et l’identité. "La différence entre les gens devient de plus en plus grande. De plus en plus de personnes se sentent exclues de la société. Ils ne se sentent plus chez eux et trahis par les partis traditionnels."

Dave Sinardet confirme : "La frustration est toujours présente vis-à-vis de la politique de migration, d’asile et de sécurité. Dans toute l’Europe, ce phénomène se produit. On le voit avec Marine Le Pen en France, Geert Wilders et Thierry Baudet aux Pays-Bas… "

Depuis sa création à la fin des années 70, le Vlaams Blok (devenu ensuite Vlaams Belang) est dans l’opposition à tous les niveaux de pouvoir. Mais le président Van Grieken a bel et bien l’intention d’arriver au pouvoir en 2024.

Pour y arriver, le parti devra concrétiser ses bons scores dans les sondages lors des prochaines élections. Le Vlaams Belang devrait alors trouver des alliés et donc rompre le principe du cordon sanitaire.

En outre, la présence de personnalités controversées dans les rangs du VB comme Dries Van Langenhove, le fondateur du groupe Schild en Vrienden, ou Filip Dewinter n’aide pas à polir l’image du parti jugé "infréquentable".

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