Le Vlaams Belang reçoit Marine Le Pen et Steve Bannon pour atomiser le Pacte sur les migrations

Le Vlaams Belang s’est entouré de deux poids lourds de l’extrême droite pour mener sa campagne contre le pacte de l’ONU sur les migrations. Il reçoit aujourd’hui au parlement flamand, Steve Bannon, l'ancien conseiller de Donald Trump et Marine le Pen, présidente du Rassemblement national (ex-FN). Le pacte de l’ONU sur les migrations doit être approuvé lors d’une conférence intergouvernementale les 10 et 11 décembre à Marrakech.

Cette initiative du Vlaams Belang entre dans le cadre d'une campagne du parti politique européen d'extrême droite, le "Mouvement pour l'Europe des nations et des libertés" (MENL).

"Le Pacte de l'ONU sur les migrations est mort avant même d'avoir été signé", a déclaré Steve Bannon à la tribune du Parlement Flamand, avant de se réjouir d'avoir des leaders comme Donald Trump, Marine Le Pen ou encore Viktor Orban "qui osent dire qu'on ne veut pas de ce pacte".

L'ancien conseiller à la Maison Blanche s'en est pris aux médias d'opposition : "Ils nous qualifient de racistes quels que soient les faits. Mais ce n'est pas aux travailleurs de Hongrie, de France et des États-Unis de résoudre les problèmes africains', a-t-il ajouté.

Depuis plusieurs mois, Steve Bannon s'efforce de rassembler les forces populistes de toute l’Europe, notamment la Ligue du Nord en Italie, le PVV de Geerts Wilders aux Pays-Bas, le Rassemblement National de Marine Le Pen en France et donc aussi, le Vlaams Belang.

Marine Le Pen, très applaudie lors de son intervention, a estimé que le vent de l'Histoire leur était favorable aux prochaines élections européennes du 26 mai 2019. "Pour la première fois, il est possible d'envisager l'alternance des européistes et de remplacer ses leaders titubant comme Jean-Claude Juncker", a-t-elle lancé.

Placer ce pacte suicidaire, à la poubelle

Le parti d’extrême droite flamand attendait beaucoup de cette rencontre : "Le but de cette réunion est clair : placer ce pacte suicidaire là où il doit être, à la poubelle", avait commenté le président du Vlaams Belang, Tom Van Grieken. Dans son discours ce samedi, il a accusé la N-VA de n'avoir rien fait pour empêcher ce pacte sur les migrations.

L'annonce de la venue de ces deux figures controversées de l'extrême droite a suscité les critiques de l'opposition flamande de gauche. "Steve Bannon est cet homme qui considère que le prédicat raciste ou xénophobe devrait être porté comme un signe de distinction. Que le Vlaams Belang lui organise une plate-forme en dit long sur Van Grieken et son parti", a réagi le chef de groupe sp.a au parlement flamand, Joris Vandenbroucke.

En se tournant vers l’international, le Vlaams Belang gagne en crédibilité

Le pacte de l'ONU sur les migrations nourrit ainsi une forte concurrence entre le Vlaams Belang et la N-VA, principal rival électoral qui bloque l'approbation du texte par le gouvernement fédéral.

Mais sur le thème de l'immigration, le Vlaams Belang a une certaine avance. "Le Vlaams Belang est le premier parti à parler de migration", rappelle Régis Dandoy, politologue à l'ULB. "C’est la base de son programme électoral depuis des décennies. Quant à la N-VA, elle utilise cette thématique depuis plus récemment. On constate d’ailleurs à la N-VA un changement, un glissement de la question communautaire vers les questions sécuritaires et migratoires. Et ce pacte de l'ONU ne fait que polariser l’antagonisme entre les deux partis. Les deux partis font tout pour se montrer les plus durs sur les enjeux de la migration, car c'est un thème important pour une partie de l'électorat flamand". 

Mais aujourd'hui, le Vlaams Belang a cherché sa légitimité du côté de l’Europe. "En élargissant son arène politique à l’international avec Steve Bannon et Marine Le Pen, le Vlaams Belang gagne en crédibilité politique", analyse encore Régis Dandoy, "car habituellement, c'est un mouvement centré sur la Flandre. Il veut montrer aux électeurs qu’il est capable d’avoir des relations avec d’autres pays, comme les États-Unis, la France ou la Hongrie".

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