Le Vlaams Belang: pas un parti extrême, ni raciste?

Vlaams Belang: pas extrême, ni raciste?
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Vlaams Belang: pas extrême, ni raciste? - © JONAS ROOSENS - BELGA

Hier lors du bureau de parti du Vlaams Belang, Tom Van Grieken, le président de l’extrême droite rejetait toute idée d’être un parti extrême. « Le Vlaams Belang n’a jamais été extrémiste, ni raciste. C’est ce que les médias racontent. Cela fait 15 ans que nous nous appelons Vlaams Belang. Si quelqu’un nous accuse de racisme, vous devez le prouver ou porter plainte. Je tourne le dos à cela. Je ne suis pas du tout d’accord. Il s’agit d’un nouveau Vlaams Belang, avec un programme démocratique qui ne ferme pas la porte et qui ne veut pas aller dans l’opposition », expliquait-il à la RTBF.

De quoi en douter…

Pourtant, il ne faut pas aller très loin pour découvrir des commentaires, des photos ou des slogans ouvertement racistes et qui appellent à la haine. Sur la page Facebook du parti, de nombreux photomontages relayés, partagés par les candidats et les militants laissent peu de doutes. Sur un photomontage, on y voit des travailleurs d’origine maghrébine dans les charbonnages et en dessous des personnes d’origine étrangère faisant la file avec comme slogan « En 1960, ils sont venus pour travailler. En 2019, ils viennent pour notre CPAS »

Les exemples ne manquent pas. Durant toute la campagne, leur slogan a été « Nos gens d’abord ». Une volonté d’opposer les gens d’ici, les Flamands face aux autres, les demandeurs d’asile.

La N-VA a déjà dit « Non » au Vlaams Belang

En octobre dernier déjà, la percée du Vlaams Belang avait marqué les commentateurs politiques. Dans certaines communes comme à Ninove, l’extrême droite flamande avait obtenu 40% des voix. La liste Forza Ninove, emmenée par Guy D’haeseleer était le grand vainqueur de cette élection locale. Il ne cachait d’ailleurs pas son intention de s’allier à la N-VA.

Sur cette publication Facebook, Guy d’haeseleer poste une photo d’enfants africains et commente :

« Je me suis levé tôt pour faire de la mousse au chocolat pour notre festin Breughel. Faite maison… »

Ce post crée à l’époque la polémique et l’indignation des partis flamands, y compris la N-VA qui rejette toute association possible avec Forza Ninove.

Tom Van Grieken, le président du Vlaams Belang, prenait la défense de Guy D’haeseleer. « C’est une photo d’il y a deux ans. Ce n’est pas mon humour préféré. Mais va-t-on réduire tout le programme de Forza Ninove à une publication Facebook de mauvais goût ? C’est ridicule. » Il ajoute qu’être membre du Vlaams Belang « est un péché que l’on doit porter toute sa vie, alors que si on a fraudé et brûlé de l’argent, il n’y a pas de problème. »

Le leader de Schild en Vrienden élu au Vlaams Belang

En septembre dernier dans un reportage de nos confrères de la VRT, on découvre les dessous du mouvement très conservateur « Schild en Vrienden ». Ce reportage suscite l’indignation au Nord du pays. Incitation à la violence, sexisme décomplexé, racisme, le reportage a dévoilé la face sombre et cachée du mouvement. Son leader, Dries Van Langenhove se revendique de la mouvance identitaire, une identité flamande, la jeunesse flamande, une certaine idée de la famille. Ils promeuvent un esprit sain dans un corps sain. Ils se posent des questions face à l’immigration de masse, que d’autres se posent aussi. Leur discours est mesuré. Mais dès qu’on gratte le vernis, on découvre un agenda bien plus radical, qui transparaît dans le groupe secret sur Facebook et sur Discord. Dries Van Langenhove nie en bloc les révélations et dénonce une machination. Dimanche soir, Dries Van Langenhove a été élu comme député fédéral Vlaams Belang dans le Brabant flamand.

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