Le virage communautaire de Bart De Wever lui "reviendra comme un boomerang dans la figure"

Bart De Wever, président de la N-VA, à La Panne, le 11 septembre 2016.
Bart De Wever, président de la N-VA, à La Panne, le 11 septembre 2016. - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

Le "virage" du président de la N-VA, Bart De Wever, en matière communautaire lui reviendra comme un boomerang dans la figure, a averti jeudi le président du Vlaams Volksbeweging, Bart De Valck.

Une déclaration du président de la N-VA, Bart De Wever, dans l'Echo de mercredi a suscité bien des commentaires. "Si l'électeur le permet, nous continuerons sans le PS, et si l'électeur exige qu'on discute avec le PS, nous présenterons notre programme communautaire. C'est assez simple comme équation", a-t-il dit, laissant entendre que les nationalistes flamands pourraient participer à une deuxième majorité fédérale sans mettre en oeuvre un programme institutionnel dès lors que les socialistes sont exclus de la table des négociations. Le quotidien "De Morgen" a titré à ce propos "le virage de Bart" (De bocht van Bart).

"Notre base avait confiance dans cette idée que quelque chose viendrait après les élections de 2019. Le confédéralisme ou une sortie de la Constitution. Mais il semble maintenant qu'il n'en sera rien. Le parti ne fait pas ce que ses électeurs lui demandent", a expliqué Bart De Valck, à l'agence Belga.

Que tous les électeurs de la N-VA ne soient pas des indépendantistes n'y change rien, selon le président. "Ce que le Flamand voit, c'est son salaire, son porte-monnaie. Il sent que la vie est plus chère, que les impôts augmentent. Si les transferts vers la Wallonie cessaient, la prospérité flamande n'en souffrirait pas", a-t-il ajouté.

Bart De Valck déçu

Le président du VVB s'interroge sur le chantier institutionnel que Bart De Wever disait rouvert en janvier. Deux députés, Hendrik Vuye et Veerle Wouters, ont été chargés de préparer les prochaines étapes de l'autonomie flamande. "Il y a 7 mois, ils m'ont invité mais je n'ai plus rien entendu depuis".

Bart De Valck ne cache pas sa déception à l'égard de l'une des cheville ouvrières du VVB, Peter De Roover, secrétaire politique de l'organisation de 2007 à 2013 et chef de groupe N-VA à la Chambre. "Nous pensions qu'il aurait l'échine pour lancer le débat mais, apparemment, nous nous sommes trompés : il est encore pire que les autres".