Le trafiquant d'armes Jacques Monsieur condamné à trois ans de prison

Il est connu seulement des "initiés" de ce type de transactions... Son nom revient régulièrement dans la plupart des dossiers de ventes d’armes à des pays sous embargo. La "spécialité" de Jacques Monsieur n’est pas la vente de boîtes de cartouches mais plutôt la vente de chars, de pièces de rechange d’avions ou d’hélicoptères ou des fusils d’assaut. On l’a compris, Jacques Monsieur ne s’occupe pas des "petits clients". 

Cet officier de réserve a d'ailleurs toujours affirmé devant les tribunaux travailler sous couverture pour les services de renseignement occidentaux. Mais les couvertures dans ce type d’activités ne constituent pas des assurances tous risques lorsque des délits sont constatés par la Justice.

Transactions avec des pays sous embargo

Jacques Monsieur a été condamné ce jeudi pour n’être pas parvenu à décrocher de ses anciennes activités. Il écope de trois ans de prison ferme et d'une amende de 300 000 euros. Il était également accusé par la Justice de s'être servi de ses "couvertures" pour augmenter considérablement son patrimoine personnel. L'accusation réclamait la confiscation de plus de huit millions d'euros. Le tribunal n'y a pas donné suite. Un très beau lot de consolation pour Jacques Monsieur.

A l'âge de la retraite, l’homme affirmait pourtant avoir mis un terme à ses activités depuis une dizaine d’années. Mais à l’heure des messageries cryptées, Jacques Monsieur a continué à utiliser son adresse Gmail, ce qui a permis aux enquêteurs de retrouver des traces de nombreux contacts et transactions. Son solide carnet d’adresses lui permet toujours d'être "opérationnel" dans un secteur où l'opacité est la règle.

Habitué des tribunaux

On retrouve la trace du "négociant" belge en Iran, en Libye, au Pakistan, au Congo-Brazzaville, et dans l’ex-Yougoslavie. A chaque fois pour des envois d’armes dans des zones de conflits. Des pays ou des régions pour lesquels les vendeurs d’armes préfèrent "maquiller" les noms des destinataires finaux, ce qui possible en recourant aux services d’intermédiaires comme Jacques Monsieur. L’homme n’est donc qu’un rouage d’un système bien plus large à propos duquel la plupart des pays exportateurs d'armes préfèrent pudiquement fermer les yeux, soit pour protéger leurs entreprises, soit par calcul politique lorsqu’il s’agit d’intervenir secrètement au profit de l’une des parties d'un conflit.

Jacques Monsieur est un habitué des cours et tribunaux de plusieurs pays. Il a déjà effectué plusieurs séjours en prison en Iran, en France et aux Etats Unis).

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