Le traçage via téléphone portable a du plomb dans l'aile

Le traçage via téléphone portable a du plomb dans l’aile
Le traçage via téléphone portable a du plomb dans l’aile - © DIRK WAEM - BELGA

Cela a été répété, le tracing (ou, pour les plus classiques, le traçage) fait partie intégrante de la stratégie de déconfinement. Lors de la conférence de presse tenue à l’issue du conseil national de sécurité, Elio Di Rupo a expliqué que ce traçage reposera sur la mise en place d’un call-center (ou centre d’appels, c’est selon).

On résume vite : une personne diagnostiquée positive au Covid-19 sera invitée à dresser la liste des personnes avec lesquelles elle a eu des contacts. Ces dernières seront ensuite contactées pour être testées.

Voilà donc la stratégie décidée. Pas un mot sur un traçage numérique via une application sur votre téléphone portable, alors que ce système était évoqué auparavant. Mais voilà, aujourd’hui, il n’a plus la cote.

Aux oubliettes ?

Nous avons passé quelques coups de téléphone dans les cabinets ministériels concernés et clairement, ce type d’application a du plomb dans l’aile. Si personne ne nous a annoncé officiellement l’abandon total du système, il n’est aujourd’hui plus considéré comme un outil prioritaire par les régions (compétentes en la matière). Celles-ci vont s’atteler à recruter des agents et rendre opérationnel le traçage via les centres d’appels et pour le reste, ce n’est plus à l’ordre du jour nous dit-on côté régional. Pour le fédéral, nous attendons toujours la réponse du ministre de Philippe De Backer (Open VLD) mais il y a peu, il évoquait encore un travail en cours sur ce type d’application.

Difficile à mettre en œuvre

Il faut dire que le traçage par GSM n’est pas simple à mettre en œuvre. Tout d’abord parce qu’il existe des règles de respect de la vie privée. Et suivre tout le monde à la trace, de force, de manière nominative et permanente, cela ne rime pas vraiment avec vie privée.

Pour répondre à cette difficulté et tenter de trouver un équilibre entre traçage numérique et vie privée, une résolution a été déposée au parlement. L’idée est que l’utilisateur de l’application soit le seul à déterminer ce qui peut advenir de ses données et surtout que l’utilisation de cette application se fasse sur base volontaire.

Mais là, du coup, c’est un problème efficacité qui se pose. Pour remplir ses objectifs, il faudrait que l’application de traçage soit utilisée par une grande proportion de la population (certains évoquent 60%). Et là, même si l’envie d’un déconfinement rapide pourrait fédérer un plus grand nombre de personnes, atteindre un tel pourcentage d’utilisateur semble surtout relever du fantasme.

>>> Le journal télévisé du 17 avril