Le théorème de Francken

Philippe Walkowiak
Philippe Walkowiak - © RTBF

En octobre dernier, la déclaration gouvernementale fédérale consacrait tout un chapitre à l’asile et la migration, près de 12 pages où il est beaucoup question de restrictions, de fermeté, de campagne de dissuasion, de prélever les indemnités des demandeurs, de contrôles aux frontières, de retours forcés, etc.

La griffe de la N-VA était patente, les nationalistes exigeant le portefeuille de la migration, un ministère créé de toute pièce en son temps par l’Open Vld, soucieux lui-aussi à l’époque de démontrer sa fermeté à son électorat.

Afflux…

Theo Francken était donc chargé de faire du zèle en la matière. Rapidement, le nombre de places d’accueil était réduit, les moyens financiers rabotés.

À l’époque, le secrétaire d’État ne voyait pas la valeur ajoutée des migrations marocaine ou congolaise. Quelques mois plus tard, son président de parti se plaignait que la Belgique avait autorisé la "mauvaise sorte de migrants à s’installer en masse", citant le cas de la communauté berbère d’Anvers.

Début juillet, Theo Francken faisait adopter au gouvernement une loi restreignant les conditions d’asile. Quelques jours plus tard, il était contraint de rouvrir 2200 places d’accueil pour faire face à l’afflux.

La réalité géopolitique avait fini par s’imposer.

…humanitaire

Face aux arrivées, Theo Francken n’a pas tergiversé. Il a "réquisitionné" des casernes, et c’est plutôt au parti socialiste que des dents ont grincé face à cette extension de l’accueil.

On n’a pas entendu de réserve émise par le secrétaire d’État nationaliste, à l’inverse de beaucoup de ses homologues européens. On était loin du programme électoral de la N-VA en la matière; Bart De Wever s’est empressé la semaine dernière de resserrer les boulons et d’affirmer qu’il fallait n’accorder qu’un sous-statut à ces nouveaux réfugiés.

Vendredi, à la sortie du conseil des ministres, Theo Francken annonçait l’ouverture de plusieurs milliers de nouvelles places d’accueil tout en détaillant le renforcement des mesures pour les expulsions des déboutés du droit d’asile (40% selon le secrétaire d’État).

Dans le concert européen, le gouvernement belge reste parmi les rares à prendre sa part de responsabilités même s'il évite de montrer la même empathie qu’Angela Merkel. Question de ligne politique, sans doute.

@PhWalkowiak

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