Tax-shift: Chastel appelle Di Rupo à cesser les lamentations

Le président du MR Olivier Chastel
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Le président du MR Olivier Chastel - © BRUNO FAHY - BELGA

Le PS a dénoncé avec force lundi les "conséquences dramatiques" qu'aura, selon lui, le récent tax-shift du gouvernement fédéral sur les finances de la Région wallonne et l'ensemble de ses communes dont une partie des recettes dépend du niveau fédéral.

"Il est insupportable de constater que le gouvernement fédéral présente d'un côté cette mesure comme positive pour les citoyens, mais que ce même gouvernement refuse d'en prendre les coûts en laissant autorités locales et régionales le soin de les payer", a commenté le président du PS, Elio Di Rupo, à l'issue d'une réunion du PS wallon à Loyers (Namur). "C'est un jeu de dupes!".

"Le principe de loyauté fédérale qui veut que les décisions d'un niveau de pouvoir n'aient pas d'impact sur les autres niveaux, ou alors qu'il soit au moins discuté, a complètement été ignoré par le fédéral", a-t-il ajouté.

Le fédéral impacte les Régions et les communes

Et selon les socialistes, l'impact budgétaire du récent tax-shit fédéral tant pour les 262 communes wallonnes que la Région ne sera pas mince.

Le ministre wallon du Budget, Christophe Lacroix, estime ainsi à 900 millions d'euros environ le manque à gagner pour la Région pour la période 2016-2020. "Le ciel était déjà gris. Il s'assombrit".

L'avenir n'est pas plus rose pour les communes wallonnes.

Pour le ministre des pouvoirs locaux, Paul Furlan, on assiste en réalité via ce tax-shift à un simple "transfert de charges fiscales du fédéral vers les Régions et les communes".

"Les communes sont littéralement étouffées par ces mesures, et le mot n'est pas exagéré". Les additionnels communaux à l'impôt des personnes physiques - qui dans certaines communes représentent jusqu'à 50% de leurs recettes - vont diminuer de l'ordre de 10% environ en raison des mesures fédérales, soit quelque 268 millions d'euros globalement, d'après ses calculs.

Chastel appelle Di Rupo à cesser les lamentations

Le président du MR, Olivier Chastel, a déploré le discours négatif du président du PS, Elio Di Rupo, à propos du tax shift. Il rappelle les mesures déjà prises par le gouvernement fédéral et qui ont eu un impact positif sur les finances communales ou même des entités fédérées.

Les socialistes francophones ont dénoncé une nouvelle fois les mesures du gouvernement Michel dans le cadre du tax shift. Selon eux, il s'agit d'un jeu de dupes qui s'est fait sur le dos des communes et des Régions.

"Grâce à la réforme fiscale, le revenu net des travailleurs a augmenté. Cela ne plaît visiblement pas au Parti Socialiste, qui aurait préféré que cet argent reste dans les caisses des pouvoirs publics", souligne Olivier Chastel.

Cette augmentation de revenu net permettra de soutenir la consommation et la baisse des charges sur le travail et créera des emplois, ce qui sera positif aussi bien pour les communes que les entités fédérées, ajoute-t-il.

"Bouffée d'oxygène"

Le président des libéraux épingle aussi l'impact du saut d'index, "bouffée d'oxygène" pour les pouvoirs locaux qui économisent ainsi 76 millions d'euros, l'augmentation du Fonds des frontaliers, négociée avec le Luxembourg, soit 12 millions d'euros au bénéfice des communes, et la baisse des cotisations sociales pour les pensions des agents communaux (56 millions), sans oublier la baisse des cotisations ONSS pour les employeurs du non-marchand et la diminution de la TVA sur les bâtiments scolaires.

Le MR met par ailleurs en avant certaines mesures régionales qu'il juge défavorables aux communes: baisse des moyens affectés aux travaux, de la valeur du point APE et diminution du Fonds des communes. Il y ajoute l'impact de la taxation des déchets, la taxe kilométrique et les certificats verts. A l'arrivée 51,2 millions d'euros.

Les libéraux ne nient pas un effet du tax shift mais insistent sur la démarche de relance du gouvernement fédéral.

"Il est temps d'arrêter de se lamenter. J'invite le Parti Socialiste à s'inscrire dans notre démarche positive. C'est en créant des emplois et en soutenant ceux qui travaillent ou qui cherchent du travail que la Wallonie pourra enfin aller de l'avant", a déclaré Olivier Chastel.

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