Le stade Roi Baudouin est définitivement sauvé, comme le Mémorial Van Damme

Beaucoup l’annonçaient mort, détruit et remplacé par un nouveau, sans rien de concret. Il n’en sera finalement rien. L’accord est intervenu au collège communal de la ville de Bruxelles : le stade Roi Baudouin ne sera pas détruit, il est sauvé. C’était inscrit dans l’accord de majorité : "les installations et les activités du stade Roi Baudouin doivent être maintenues", encore fallait-il concrètement s’entendre au sein de la majorité à la Ville. "Nous sommes très contents d’être parvenus à un accord au sein du collège de la Ville. Certains annonçaient le stade mort. Il y aura des ajustements qui seront réalisés aux abords du stade pour répondre à certaines exigences sécuritaires et pour permettre l’aboutissement du projet Neo" explique Benoît Hellings, l’échevin des sports de la ville de Bruxelles.

NEO adapté, qu’est-ce qui va changer ?

Le projet NEO, c’est la construction d’un nouveau quartier sur le site historique du Heysel, au pied de l’Atomium. Un pôle économique, commercial, touristique, culturel, de loisirs et de logements. NEO, c’est 590 logements, 2 crèches, 1 séniorie, des bureaux, 72.000 m² d'espace commercial, 9000 m² de restauration et tout ce qui concerne les loisirs : "Mini Europe" entièrement rénové, un Spirouland et des salles de cinéma. Le problème, c’est que le projet NEO n’avait pas prévu la pérennisation du Stade Roi Baudouin. "Il a donc fallu trouver des solutions. Raison pour laquelle nous sommes actuellement occupés de lancer une étude de sécurité pour pouvoir fonctionner avec le projet." explique Benoît Hellings.

Le stade, donc, va rester en place. Mais les emplacements de secours, les parkings pour le personnel, pour les VIP, pour la logistique et les organisateurs d’événements vont être déplacés. Tout comme les emplacements de secours et la plateforme principale "Media et TV. Actuellement situés entre la tribune 1 et l’Avenue Houba de Strooper, tout cela devrait être déplacé – à terme – derrière la T3. Cela signifie donc que le complexe de cinémas Kinepolis sera complètement rasé. "C’est ce qui correspond aux accords passés dans le cadre du projet Neo, précise l’échevin Ecolo. Le Kinepolis sera donc reconstruit mais entre le stade et l’avenue Houba de Strooper. Il y aura aussi des crèches, des habitations et des bureaux."

Mais tout ne se fera pas si rapidement. Cela dépendra de l’octroi des permis du projet Neo. Cela pourrait être envisagé vers 2023. Dans l’attente de la démolition, les installations seront d’abord transférées d’abord au parking B avant d’aller derrière la T3, le temps de la démolition. Il y a, au parking B, l’espace nécessaire pour les voitures, les ambulances, les voitures et camions de police, aussi.

Et quid de la rénovation proprement dite ?

La ville s’est refusée à la construction d’un nouveau stade, hors de prix pour elle. L’idée de la rénovation fait donc son chemin même si elle n’est pas prioritaire : "la Ville n’y est pas opposée mais son financement restera le même. Globalement, nous fonctionnons avec une enveloppe qui varie de 800.000 euros à 1,2 million d’euros par an d’investissements. Pas plus tard que cette semaine, j’étais au stade pour évaluer le remplacement des luminaires et tester des luminaires LED." Le stade accueille 12 à 13 événements par an (matchs des Diables, Mémorial Van Damme, concerts…) soit à peu près 600.000 personnes chaque année.

Plus aux normes, vieillot, actuellement, pour pouvoir jouer un match des diables au Stade Roi Baudouin, l’UEFA octroie une dérogation qu’elle renouvelle chaque année. Ce sera encore le cas après le déplacement des installations. Avec le parking C de 10.000 places, trois stations de métro autour du stade et deux lignes de tram, peu d’endroits à Bruxelles peuvent se vanter d’être aussi bien desservi. Si ce n’est que lors de certains événements, des stations sont parfois fermées. "Nous sommes actuellement en train d’y travailler" affirme Benoît Hellings. La Ville se positionne également par rapport aux retours sur investissements : "Oui, nous espérons toujours améliorer notre image de marque. Mais il ne faut pas non plus oublier le retour financier. La location du stade revient à peu de chose près à 150.000 euros chaque soir." La Ville estime la pérennisation de l’outil à 150 à 200 millions d’euros. "Elle doit être pensée sur le long terme, sur quinze ou vingt ans. C’est pendant ces années-là que nous devons investir pour rénover petit à petit" estime l’échevin des Sports. La dernière rénovation du stade date de 1998, juste avant l’Euro de football. Elle avait coûté 25 millions d’euros.

A moins d’une rénovation plus large et plus en profondeur. Mais là, ce sera sans la ville qui se limite à son investissement annuel. Par contre, un projet pourrait être porté par les fédérations. Il y a quelques mois, le projet "Golden Generation Arena" avait été lancé, soutenu par les sportifs Eden Hazard, Nafi Thiam et Kevin Borlée. Il y a quelques mois, Peter Bossaert, le CEO de l’Union belge de Football comptait faire appel aux étudiants en architecture et en ingénierie pour plancher sur un projet.

Avec plusieurs avantages : le stade Roi Baudouin appartient déjà à la Ville de Bruxelles, plus besoin de négocier avec la Flandre comme dans la saga du parking C. Une option qui coûterait aussi moins cher, entre 150 à 200 millions, c’est beaucoup moins que les 350 millions estimés pour une toute nouvelle construction. Enfin, une rénovation, cela devrait prendre moins de temps. Le stade rénové sera plus petit – 40.000 places au lieu des 47.000 actuelles – mais il sera plus confortable et plus sûr pour les supporters. L’idée, aussi, serait de rendre ce stade multisport, accessible à plusieurs sports, autres que le football et l’athlétisme. Ce serait l’occasion d’accueillir, plus événements, plus de monde et donc de le rendre plus rentable, aussi. Pour Wilfried Meert, le patron de Mémorial Van Damme, c’est l’occasion d’être ambitieux : "Moi, je trouve qu’une ville comme Bruxelles, qui est la capitale de la Belgique et de l’Europe, se doit d’être ambitieuse et se doit de viser des gros championnats, comme celui d’Europe en athlétisme, qu’on a plus eu depuis 1950, ou encore le championnat du monde d’athlé, que nous n’avons jamais organisé en Belgique. Tout cela n’est possible que s’il y a une piste, et la confirmation du maintien de la piste, c’est une nouvelle fantastique."

Mercredi prochain, le 25 septembre, la ville présentera la décision du collège à l’Union belge de football ainsi qu’à l’organisation du mémorial Van Damme. Dans l’attente de projets et d’un futur plus radieux pour le Stade Roi Baudouin qui ne change pas de place mais qui changera peut-être de visage et d’aspect d’ici quelques années.

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