Le spectre du black-out électrique ressurgit, Melchior Wathelet rassure

Melchior Wathelet a réagi à la publication d'un rapport de la CREG selon lequel l'approvisionnement d'électricité et de gaz n'a pas été mis en danger en février dernier alors que la Belgique connaissait une vague de froid mais aurait pu l'être si les températures avaient baissé jusqu'à -11°C.

Or, entre-temps, Electrabel a récemment annoncé que les centrales Awirs 5, Ruien 5 et Ruien 6 fermeraient. "Si ces centrales n'avaient pas été disponibles au moment de la vague de froid de février, la sécurité d'approvisionnement n'aurait pas été garantie pendant trois des cinq jours", assure la CREG.

A cela s'ajoute à présent la fermeture de Doel 3 et Tihange 2 qui ranime le spectre du black-out, un risque évacué parle gouvernement.

Quant aux solutions à l'étranger, "la grande capacité d'importation qu'a la Belgique à la frontière française perd sa valeur si l'on admet que la France manque de capacité en cas de températures très basses et doit par conséquent importer", relève-t-elle

Dans son rapport, la CREG rappelle avoir déjà exprimé "à maintes reprises son inquiétude" concernant "l'insuffisance de la capacité de production d'électricité en Belgique". "L'analyse de la vague de froid constitue une étude supplémentaire qui vient appuyer et confirmer cette inquiétude", conclut le rapport.

 

"On est donc loin du black-out"

Dans l'entourage du secrétaire d'Etat Melchior Wathelet, on démonte cette analyse, à l'appui de chiffres glanés auprès du transporteur Elia, "une société cotée en bourse, attentive à ne pas jeter le trouble dans la population". Lors du jour le plus froid (une moyenne de -7°C tout au long de la journée), le 8 février, on a importé 1.400 mégawatts (MW) aux Néerlandais mais exporté 1.700 MW aux Français, il n'y avait donc pas péril en la demeure, fait-on observer. De plus, la Belgique disposait encore d'un surplus de production de 1.400 MW et on disposait de la possibilité d'importer 2.500 MW à la France. "On est donc loin du black-out annoncé par certains, sachant que la fermeture de Doel 3 et Tihange 2 représente 2.000 MW", fait-on observer.

Le cabinet Wathelet balaye également l'argument selon lequel la France aurait rechigné à vendre en cas de pic de froid sur son territoire. "Ce que vend la France n'est pas forcément ce qu'elle produit, l'électricité circule, vient du Danemark, repart, etc. et tout est fonction de prix", rétorque-t-on.

Les solutions

Quant à l'avenir, la CREG propose au gouvernement une série de solutions.

Jurant qu'il n'y aura pas de problème d'approvisionnement, Melchior Wathelet a pour sa part souligné que le gouvernement avait agi en vertu d'une "analyse probabiliste" du type de celle avancée par la CREG. Le secrétaire d'Etat à l'Energie a ajouté que les solutions avancées par la CREG sont celles que le gouvernement a reprises dans sa décision du 4 juillet sur le calendrier énergétique. Il s'agit de l'interdiction de fermeture de centrales non nucléaires, de l'incitation à de nouveaux investissements de production, du développement complémentaire des canaux d'importation et d'une meilleure gestion de la demande électrique.

Les textes concrétisant ces mesures sont en cours de rédaction, a précisé Melchior Wathelet. Ils seront déposés dans les meilleurs délais sur la table du gouvernement pour une entrée en vigueur avant la fin de l'année.

Avec Belga

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