Le sp.a et Groen dénoncent des propos de Theo Francken sur les causes du racisme

Les socialistes et les écologistes flamands ont dénoncé jeudi des déclarations faites dans la presse par le secrétaire d’État à l'Asile et à la Migration, Theo Francken (N-VA). Celui-ci a accusé le sp.a et Groen d'avoir "créé un climat dans lequel le racisme prospère".

Theo Francken a tenu ces propos jeudi matin sur les ondes de la VRT-radio et dans le journal 'De Standaard'.

Il a reproché aux deux partis de gauche d'avoir mené durant des années une politique "bien trop laxiste", en matière de migration que beaucoup de Belges récusent dans les bureaux de vote.

"Cela a commencé en 1999-2000 par la régularisation collective de plus de 100 000 personnes (en situation illégale par la loi de décembre 1999). Les nouveaux arrivants ont alors tous obtenu de la coalition arc-en-ciel la nationalité belge, et souvent aussi la double nationalité", a affirmé Theo Francken.

Il a ajouté que le sp.a et Groen avaient aussi "mené une politique très laxiste sur le plan des rapatriements".

"Des étrangers ayant commis des faits criminels n'étaient presque jamais expulsés", a souligné le secrétaire d’État, reprochant à l'un de ses prédécesseurs, Melchior Wathelet (cdH), d'avoir régularisé en 2009 "plus de 800 criminels".

Ces propos lui ont valu des critiques de la part de responsables socialistes et écologistes.

"Une société dangereuse"

"Francken est petit comme homme et préconise, comme membre du gouvernement, une société dangereuse", a renchéri le président des socialistes flamands, John Crombez.

La députée flamande Yasmine Kherbache (sp.a) a pour sa part rappelé que la N-VA est membre du gouvernement flamand depuis des années et que son actuel ministre-président, Geert Bourgeois (N-VA lui aussi) avait été durant des années ministre flamand de l'Intégration.

"Il est indigne que la N-VA continue à ignorer le problème du racisme", a ajouté Yasmine Kherbache, en dénonçant le fait que Theo Francken le circonscrive à la politique menée par les partis de gauche en donnant l'impression qu'ils n'ont rien fait lorsqu'ils étaient au pouvoir.

"La N-VA alimente par certaines de ses déclarations la division au sein de la société", a quant à lui affirmé dans un communiqué le député fédéral Wouter De Vriendt (Groen), rappelant lui aussi que les nationalistes font partie du gouvernement flamand "depuis douze ans sans interruption".

Wouter De Vriendt a déploré le ton adopté par la N-VA à propos des personnes en fuite, le qualifiant de "souvent inhumain". Il a cité les propos tenus par certains de ses responsables, comme l'actuel ministre de l'Intérieur, Jan Jambon, à propos des "musulmans (qui) ont dansé à l'occasion des attentats", ou la ministre flamande Liesbeth Homans qualifiant le racisme de "notion relative".

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