Le soutien des Flamands aux mesures contre le coronavirus s'essouffle

Un Flamand sur trois est satisfait de la "politique corona" de Jan Jambon, quatre sur dix pour Sophie Wilmès.
Un Flamand sur trois est satisfait de la "politique corona" de Jan Jambon, quatre sur dix pour Sophie Wilmès. - © POOL ERIC LALMAND - BELGA

Les partis au pouvoir n'ont jusqu'ici pas réussi à profiter de la crise du coronavirus au niveau électoral. Les mesures du gouvernement Wilmès et Jambon ont d’abord été bien soutenues par la population flamande, mais au fur et à mesure, ce soutien aux politiques s’effrite.

Finis les traditionnels sondages d’intentions de vote à la VRT. Désormais, la chaîne publique et le quotidien De Standaard lancent un sondage baptisé "De Stemming" (le scrutin) en collaboration avec l'université d'Anvers et la VUB. L’idée n’est plus de demander pour qui les participants comptent voter. Cette fois-ci, les participants expliquent ce qu'ils pensent des politiques menées contre le coronavirus, des partis politiques et des ministres au pouvoir.


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Les partis au pouvoir les plus "en vue"

L’analyse a été réalisée sur base des réponses de 1857 adultes interrogés en ligne du 9 au 28 avril. Open VLD, CD&V et N-VA - les trois partis du gouvernement flamand (et du gouvernement fédéral pour CD&V et Open VLD) - ont été les plus "en vue" auprès des sondés lors de cette crise. Mais moins de la moitié des sondés estiment qu'ils ont donné une impression positive dans leur gestion de la crise sanitaire : 43% pour le CD&V, 33% pour l'Open VLD et seulement 30% pour la N-VA.

Le reste est divisé entre "impression neutre" (de 31 à 41%) et "mauvaise impression" (26% pour CD&V et Open VLD, 33% pour N-VA). Selon De Standaard et la VRT, on peut conclure qu'aucun de ces partis jusqu'à présent n'a réussi à "profiter" réellement de la gestion de la crise pour marquer positivement les esprits.

Plus globalement, les Flamands étaient nombreux (plus des trois quarts) début avril à soutenir les principales mesures prises par les autorités dans le cadre de la crise du coronavirus (confinement, arrêt des cours dans les écoles, fermeture des commerces non-alimentaires, notamment), mais ce soutien s'est effrité au fil des jours et semaines. Interrogés sur leur soutien global à la politique corona du gouvernement fédéral, les participants montrent un pic de satisfaction (46%) vers la mi-avril, avant que ce pourcentage recule fortement jusqu'à 27% en fin de mois.

Popularité en berne

Selon les deux médias, on peut y voir une conséquence du "couac" de communication autour des éventuelles visites aux personnes en maison de repos, ainsi que de la conférence de presse tardive très commentée et critiquée du 24 avril au soir, à l'issue d'une très longue réunion du Conseil national de sécurité. La même tendance à la baisse concerne la personne de la Première ministre Sophie Wilmès (MR): plus de la moitié des Flamands (53%) trouvaient début avril qu'elle faisait bonne à très bonne impression, ce qui était revenu en fin de mois à 30%.


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La ministre fédérale de la Santé publique, Maggie De Block (Open VLD), a vu également l’appréciation des citoyens flamands pour sa politique passer de 37% à 27% entre le début et la fin du mois d’avril. Wouter Beke, ministre flamand du Bien-être, et responsable notamment de la gestion de la politique de protection sanitaire et de testing dans les maisons de repos, a vu l’appréciation des Flamands plafonner à 21-22% pendant le mois écoulé, tandis que le ministre flamand de l’Enseignement, Ben Weyts, a vu l’appréciation de son travail passer de 29% à 34% à la suite de sa coordination de la réouverture des écoles néerlandophones.

"La gestion de la crise n’a certainement pas entraîné une forte hausse de popularité ou de confiance alors qu’on aurait pu le penser. Mais les conclusions ne sont pas dramatiques pour ceux qui gèrent la crise du coronavirus en ce moment ", conclut le professeur Paul Walgrave à la VRT.