37 policiers blessés après la manifestation anti-racisme de Bruxelles: un préavis de grève déposé

Les syndicat policiers SLFP et SNPS vont déposer ce lundi un préavis de grève pour la zone de police Bruxelles capitale-Ixelles, qui était déployée dimanche pour encadrer la manifestation contre le racisme.

Le SLFP réitère son appel à une tolérance zéro pour les violences envers les policiers. "Nous le faisons non seulement parce que nous partageons le même point de vue, mais aussi parce que la violence que subissent les policiers et la stigmatisation envers la police doivent maintenant cesser. La coupe est pleine", a expliqué de son côt" le porte-parole du SNPS Carlo Medo.

La manifestation, dont la tenue était tolérée par la Ville, a réuni environ 10.000 personnes à Bruxelles. Des incidents ont par contre ensuite éclaté à Ixelles. Quelques centaines de casseurs s'en sont pris aux forces de l'ordre qui les ont repoussés à l'aide de canons à eaux. Sur leur passage, des poubelles ont été incendiées, des barricades dressées et des magasins pillés. 239 personnes ont été interpellées.

"On nous signale déjà 37 policiers blessés, explique Vincent Gilles. L’objectif de ce préavis de grève, c’est à travers nos questions concernant le service d’ordre, mettre les responsabilités à plat sur ce bilan".

Un manque d'analyse de risques

Le bourgmestre bruxellois a pourtant mis en avant le travail des policiers et déploré qu'il y ait eu des blessés: "Mais M. Close doit réfléchir non comme un politique mais comme un employeur: s'il donne à son employé un outil qui le blesse, il est responsable de la blessure". Bien sûr, les premiers responsables des blessures sont les auteurs des violences, reconnaît Vincent Gilles. Mais il estime qu'"à cause des manquements de l’organisation, l’espace a été ouvert aux violents".

Idem du côté du président du syndicat Vincent Houssin, qui a déclaré à Radio 1 que: "Nous avons aussi constaté que l'analyse de risque pour dimanche ne tenait pas la route. Les seuils de tolérance quant à la violence envers la police n'étaient pas non plus assez déterminés. C'est une de nos priorités: il faut une tolérance zéro pour la violence. Sinon, cela dégénère toujours comme dimanche", indique Vincent Houssin.

Terni une manifestation aux objectifs louables

A cause de cette analyse de risques défaillante, le service d'ordre n'a pas été organisé au mieux pour réduire les risques, dénonce Vincent Gilles: "Les personnes n'étaient pas toujours placées au bon endroit, on n'avait pas déployé nos capacités comme il le fallait, des informations ont été négligées, comme des appels à la haine sur Facebook qui n'ont pas fait l'objet d'une surveillance particulière".

Et de regretter: "On déplore vraiment d’en arriver là car à cause de ça, on a permis à ces imbéciles de casseurs, quelque chose comme 300 personnes, de ternir une manifestation qui avait des objectifs tout à fait louables". Vincent Gilles a en effet relevé que Mireille Tsheudi-Robert, organisatrice," a bien exprimé que le racisme visé par cette manifestation n'était pas spécialement le fait de la police, mais bien de la société belge, dont la police n'est qu'une des émanations...."

Le préavis de grève sera introduit ce lundi et prendra effet dans une dizaine de jours. Le SLFP demande à rencontrer les ministres et les autorités compétentes.

Le SNPS souligne de son côté que la lutte contre le coronavirus a demandé beaucoup d'efforts à la police. "Des agents ont été insultés et raillés par des civils qui ont refusé de se conformer aux mesures de sécurité. Nous sommes contre toutes les formes de discrimination, mais cela ne signifie pas qu'il n'y a pas de règles dans la société. Celles-ci sont claires: on ne peut pas se réunir à 10.000 personnes".

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