Le séparatisme en perte de vitesse chez les jeunes flamands

En ce début janvier, la ministre flamande Liesbeth Homans disait espérer la disparition de la Belgique en 2025. Un scénario qui fera partie d'une réflexion sur "les prochaines étapes de l'émancipation flamande" menée au sein de la N-VA. Mais ce souhait exprimé au sein des nationalistes flamands sera-t-il soutenu, en 2025, par une majorité de flamands ? Les chiffres de différents sondages montrent jusqu'à présent que le séparatisme reste un souhait minoritaire au nord du pays. Doit-on s'attendre malgré tout à ce que l'aspiration séparatiste fasse tâche d'huile d'ici 2025, notamment au sein des jeunes générations ?

Que du contraire, pour Bernard Rimé, chercheur en psychologie sociale à l'UCL et ses collègues de l'ULB, Pierre Bouchat, Olivier Klein et Laurent Licata. Ceux-ci ont en effet démontré l'inverse.

Moins de séparatisme au sein de la jeune génération 

Le fédéralisme est-il votre option préférée ? Cette question a été posée à 1226 flamands et 1247 francophones.

Les chercheurs ont classé les réponses en 3 catégories d'âge : les personnes nées avant la Belgique fédérale ( avant 1957), les personnes nées pendant la Belgique fédérale (entre 1958 et 1982) et les plus jeunes nés après la Belgique fédérale.

Et surprise, les plus jeunes sont deux fois moins favorables au séparatisme. 16% sont pour le fédéralisme contre 33% et 34% dans les deux autres générations.

La mémoire douloureuse s'estompe

Les chercheurs expliquent cette tendance surprenante par leurs recherches basées sur la mémoire collective. Selon eux, l'aspiration au séparatisme est motivée par les souvenirs collectifs du mauvais sort subi par les flamands au 19ème siècle. Ce souvenir s'estomperait chez les jeunes flamands, habitués à vivre dans une Flandre prospère et dépeignant plus volontiers une Wallonie en grande difficulté économique. Les ressentiments d'autrefois ne corresponderaient plus au vécu des flamands du 21ème siècle. Pour ces chercheurs, l'estompement de cette mémoire douloureuse fera disparaître progressive l'envie de voir disparaître la Belgique.

Un constat conforté par d'autres études

Le fait que les jeunes générations envisagent moins souvent l'indépendance de la Flandre avait déjà été montré par une étude de la KULeuven en 2011. Plus récemment, un sondage IPSOS montrait aussi que moins de jeunes se sentaient "avant tout flamands". Le nationalisme flamand serait donc, à terme, un sentiment en voie de disparition. Une prédiction bien éloignée de l'espoir d'une fin de la Belgique en 2025 exprimé par la ministre flamande N-VA Liesbeth Homans.

 

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