Le Sénat réclame un plan d'action national sur les perturbateurs endocriniens

Après la Suisse, la France et le Danemark, la Belgique veut se doter d'une législation sur ses substances chimiques potentiellement dangereuses. Les perturbateurs endocriniens sont partout, et peuvent provoquer des maladies graves.

Le Sénat plaide vendredi pour la mise en place d'un plan d'action national sur les perturbateurs endocriniens, des mesures immédiates pour protéger les personnes les plus vulnérables ainsi qu'une meilleure collecte de données et davantage de sensibilisation. Ces recommandations font partie du rapport d'information approuvé vendredi en séance plénière. Seuls la N-VA et le Vlaams Belang se sont abstenus.

Quelque 10.000 substances sont cataloguées comme de potentiels perturbateurs endocriniens, qui peuvent mimer l'action des hormones naturelles ou interférer avec leur fonctionnement. Bien qu'elles soient contenues dans de nombreux produits du quotidien (cosmétiques, jouets, conserves, emballages...), seules environ 1300 substances ont aujourd'hui été testées. La question de leur nocivité est de plus en plus souvent posée.

Cancer, obésité, Alzheimer...

Ces substances sont suspectées de provoquer des cancers, de limiter le quotient intellectuel et la fertilité, de provoquer l'obésité et la maladie d’Alzheimer. Le Sénat propose donc 72 recommandations sur le contrôle, l'information; la limitation des perturbateurs endocriniens. Cela commence avec la mise en place de produits de substitution que les fabricants devraient conseiller ou d'écolabels.

"Dans ce rapport d'information, nous avons mis la santé publique au centre du débat pour les générations actuelle et futures", commente Cindy Franssen (CD&V), à l'initiative du document. "Nous impliquons les différents gouvernements afin qu'ils utilisent au maximum leurs compétences pour limiter l'exposition de la population aux perturbateurs endocriniens, contenir la propagation de ces substances et réguler leur utilisation dans la production et la consommation."

Un plan national de lutte

La sénatrice réclame également des mesures prioritaires de prévention et d'interdiction afin de protéger les personnes les plus vulnérables (femmes enceintes, enfants jusqu'à 3 ans et adolescents). "Nous plaidons dès lors pour la mise en place d'un plan d'action national en concertation avec des scientifiques, la société civile et le monde de l'entreprise. La politique doit toujours être guidée par le principe de précaution et des études scientifiques indépendantes."

Enfin, la Haute assemblée propose l'élaboration d'un plan national de lutte. La Belgique rejoindra ainsi le groupe des pays pionniers dans la lutte contre ce danger mondial, comme le dit l'organisation mondiale de la santé.

Un "Institut du futur" doit être créé, pour coordonner la collaboration entre les différents niveaux de pouvoir.

La N-VA a reconnu l'importance de la problématique des perturbateurs endocriniens mais s'est abstenue car les recommandations ne respectent pas les niveaux de compétence, a indiqué le sénateur Jan Becaus.

Questions à la Une sur le sujet en novembre 2017

Fabien Van Eeckhaut à propos du rapport sur les perturbateurs endocriniens