Au fédéral, N-VA conquérante, PS en recul, Ecolo en chute

Victoire incontestable de la N-VA: "Fossé entre francophones et Flamands", dit De Wever
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Victoire incontestable de la N-VA: "Fossé entre francophones et Flamands", dit De Wever - © DIRK WAEM - BELGA

La N-VA, principal enjeu des législatives, ne dément pas les prévisions qui la donnaient première force en Flandre. Les premiers résultats complets au nord du pays pour la Chambre, donnent une N-VA en tête, avec un score flirtant avec les 30% dans certaines circonscriptions. Du côté francophone, le PS reste premier parti, bien qu'en perte, Ecolo dégringole.

Pour les résultats complets, cliquez ici.

Tous les résultats ne sont cependant pas encore connus, un bug informatique ayant bloqué le comptage dans certains cantons. Le SPF Intérieur a publié jusque tard dans la nuit les résultats des listes dans les cantons pour lesquels les magistrats (présidents des bureaux principaux de canton) ont accepté de rester tardivement ou de revenir, a indiqué le Service public Fédéral de l'Intérieur, lundi, pendant la nuit.

Sur 6107 bureaux dépouillés sur 6615, les résultats sont:

  • N-VA 33 sièges (+6) avec 20,35% des voix
  • PS 25 sièges (-1) avec 11,63% des voix
  • MR 18 sièges (0) avec 9,54% des voix
  • CD&V 18 sièges (+1) avec 11,67% des voix
  • Open VLD 14 sièges (+1) avec 9,82% des voix
  • sp.a 13 sièges (=) avec 8,87% des voix
  • cdH 9 sièges (=) avec 4,92% des voix
  • Ecolo 6 sièges (-2) avec 3,25% des voix
  • Groen 6 sièges ((+1) avec 5,34% des voix
  • Vlaams Belang 3 sièges (-9) avec 3,69% des voix
  • PTB Go! 2 sièges (+2) avec 1,97% + 1,76% des voix pour PVDA+
  • FDF 2 sièges (+1) avec 1,80% des voix
  • PP 1 siège (=) avec 1,52% des voix
  • Lijst Dedecker 0 sièges (-1) 0,42% des voix

La N-VA est au-dessus des 30% des dans plusieurs circonscriptions en Flandre. Les résultats complets pour la circonscription de Fourons, donnent un score fleuve pur le parti nationaliste: 44,6%, devant le CD&V distancié, qui pointe à 21,8%.

 

La N-VA conquérante

Comme pour le parlement flamand, la N-VA confirme donc des résultats très favorables. Elle obtiendrait 34 députés, soit 7 sièges en plus à la Chambre.

"Jamais le fossé n'a été aussi grand entre les francophones et les Flamands", a déclaré Bart De Wever devant ses partisans gonflés à bloc. "Les Flamands ont choisi pour le changement, un sur trois nous a fait confiance, ce qui nous donne un mandat démocratique fort". Il assure aussi vouloir rapidement aller à la table des négociations pour former une coalition forte pour la Flandre et au fédéral.

Le Vlaams Belang vidé de son contenu

Les autres partis flamands se maintiennent relativement à la Chambre. Le CD&V progresse même par rapport à ses résultats en 2010, comme Groen. Le sp.a se tasse très légèrement. Le Vlaams Belang par contre est en très net recul.

Les résultats montrent une N-VA partout en tête. 

Interrogé par la RTBF, l’ancien premier ministre CD&V Mark Eyskens a commenté les résultats partiels de la N-VA : "Il est évident que la N-VA est parvenue à vider de son contenu le Vlaams Belang, ce qui n’est pas sans danger, car les électeurs du Vlaams Belang sont des extrémistes, des séparatistes. Il est évident que la N-VA doit être au gouvernement flamand, mais à condition que ce parti accepte d’exécuter loyalement la 6ème réforme de l’Etat, qu’elle a combattu avec acharnement. Si la N-Va fait 30% en Flandre, cela ne fait que 20% au niveau de la Belgique. Donc 80% des Belges n’ont pas voté pour la N-VA. Si la N-VA entre au gouvernement fédéral, elle devra renoncer à son programme communautaire, ce qui est une concession majeure. Et aussi mettre fin à des éléments totalement asociaux de son programme économique et social. Donc je ne vois pas encore très bien Monsieur De Wever entrer au gouvernement fédéral".

En termes de voix de préférences à la Chambre, avec des résultats toujours partiels, Bart De Wever est en tête avec 314 650 voix, Elio Di Rupo suit avec 178 482, Maggie De Block arrive en troisième avec 129 410 voix.

Même si la N-VA s'avère psychologiquement incontournable, comme l'affirmait sur nos antennes le politologue Dave Sinardet, elle ne l'est cependant pas mathématiquement, de l'avis du CRISP.

Pour Bart De Wever, "plusieurs combinaisons logiques sont possibles". Il a ajouté vouloir démarrer rapidement les discussions pour former un gouvernement flamand et fédéral. Le succès engrangé par la N-VA n'encourage toutefois pas son leader à céder à l'euphorie. "Il n'y a aucune raison d'être euphorique. Cela ne rapporte rien", a-t-il jugé. Interrogé sur la prochaine coalition, Bart De Wever s'est toutefois dit "très heureux" de l'"orientation de centre-droit" des résultats. "Je vais réfléchir maintenant", déclarait Bart De Wever sur nos antennes. "Mais je n'ai pas le numéro de Magnette, tu peux me le passer?", ajoute-t-il s'adressant à notre journaliste.

La balle est dans le camp de la N-VA

Le CD&V, par la voix de sa figure de proue Kris Peeters, a félicité dimanche en début de soirée le "grand vainqueur" de l'élection, la N-VA, dont il attend à présent une initiative pour former un gouvernement flamand et fédéral. "Le CD&V a tenu bon. Nous sommes le deuxième plus grand parti", a lancé Kris Peeters devant ses sympathisants.

Le CD&V qui affirme vouloir former un gouvernement fédéral avant de discuter la formation du gouvernement régional, mais pas l'un sans l'autre. En ajoutant que la NV-A doit tenir compte des votes à Bruxelles et en Wallonie.

Pour le sp.a, la main, dimanche soir, appartient clairement à la N-VA. Le CD&V lui aussi estime que c'est aux nationalistes flamands de chercher à former une majorité.

La "famille socialiste, première du pays"

"C'est un recul de l'extrême droite", commente pour sa part Paul Magnette devant les militants PS réunis. Laurette Onkelinx, elle, salue l'"excellent résultat" des trois partis flamands de l'ex-majorité. Même avec les autres forces indépendantistes, la N-VA n'a pas repris de voix auprès des partis démocratiques, a-t-elle ajouté.

Les partis du gouvernement ne sont pas pénalisés, a déclaré Elio Di Rupo en milieu de soirée. Le Premier ministre a salué dimanche soir les résultats obtenus par "les partis politiques du gouvernement fédéral sortant", faisant fi de la victoire retentissante de la N-VA dont il a semblé relativiser le succès en soulignant que "le nombre de députés indépendantistes est en recul au parlement fédéral, une première depuis plus de dix ans".

Rappelant que "le PS a toujours pris et continuera à prendre ses responsabilités" pour la "stabilité" du pays, le chef du gouvernement sortant a fait observer qu'il appartenait dorénavant "au roi d'entreprendre les consultations nécessaires".

Elio Di Rupo a indiqué à l'instar de Paul Magnette, que "la famille socialiste, PS et sp.a, resterait la première famille politique du pays".

Mais, d'après des résultats toujours partiels, le parti socialiste est en net recul en Wallonie. Dans le Hainaut, il obtient 41,23% des voix (pour 48,18 en 2010) et à Liège, 29,87% (35,79 en 2010).

Les résultats partiels à Bruxelles montrent cependant un PS en nette progression.

Le PTB-GO! en force

Le PTB-Go!, lui, progresse très largement. Ainsi, selon des résultats toujours partiels, il remporte 5,22% des voix en Hainaut et 7,66% des voix à LIège, le PS, lui, chute.

"C'est un vote d'adhésion, et d'espoir", commentait Raoul Hedebouw, tête de liste PTB Go! en fin d'après-midi.

Ecolo en difficulté

Ecolo a donc perdu des plumes dans cette élection: le parti perd près de 5% des voix à la Chambre.

"C'est une colère et une indignation qui ont marqué ces élections", a déclaré Olivier Deleuze, co-président d'Ecolo. "Aucun parti qui participait au pouvoir en ces temps de crise n'est sort indemne". "Notre score global n'est pas à la hauteur de nos espoirs", a-t-il aussi déclaré. "Nous sommes fiers des bilans de nos participations, car nous savons prendre nos responsabilités", a-t-il ajouté.

Le ministre d'Etat Ecolo José Daras attribue la forte chute d'Ecolo à la crise. Selon lui, les électeurs peinent à se définir par rapport à un avenir incertain alors que la vision d'Ecolo repose sur le long terme. Pierre Castelain souligne que les votes anti-système ne profitent plus à Ecolo mais à d'autres formations.

Du côté néerlandophone, Groen a par contre réalisé un beau score. Sur près de la moitié des bureaux de vote du royaume, le parti écologiste néerlandophone 6,88% des voix, soit une avancée de près de 2%.

 

Le MR "savoure une victoire"

Le président du Mouvement réformateur (MR) Charles Michel a lui dit savourer dimanche soir "l'une des plus belles soirées électorales".

Coïncidence ou non, le président des libéraux a pris la parole au même moment que le président des FDF, Olivier Maingain. "Alors que les autres formations politiques francophones sont en net recul, nous sommes le seul parti francophone qui progresse partout", s'est réjoui Charles Michel. "Malgré le départ du FDF et notre prise de responsabilités, nous sommes au coude-à-coude" avec le PS pour prendre le leadership un peu partout.

Charles Michel a promis d'être "toujours du côté des solutions", des solutions essentiellement économiques et sociales, a-t-il souligné, sur fond de "on a gagné! " clamé par les militants.

Le cdH ne se réjouit pas du score de la N-VA

Se réjouissant surtout que le cdH devienne la troisième force de Wallonie, Benoît Lutgen a ensuite demandé à la salle "d'applaudir les amis du CD&V", reconnaissant par contre "ne pas se réjouir du score de la N-VA".

Important bug dans les votes informatiques: les calculs reportés

En soirée, le SPF Intérieur a décidé de suspendre provisoirement la diffusion des résultats concernant la Chambre et la Région dans la circonscription de Bruxelles, annoncé dimanche vers 21H15 la cellule "élections". Une incohérence lors de la totalisation des votes de préférence dans ces cantons électoraux a été détectée. Lundi en matinée, tous les résultats n'étaient toujours pas connus.

D'autres interventions ont eu lieu pour des problèmes divers, comme un manque de bulletins à certains endroits. Parmi les problèmes recensés, une assesseure a été refusée dans un bureau de vote, à Rebecq, pour port du voile, a annoncé le président de Muslims' Rights Belgium, Fouad Benyekhlef. Il précise qu'une plainte sera déposée au Centre de l’Égalité des chances. Deux femmes ont en outre été, pour quelques minutes, empêchées de voter, pour la même raison à Bressoux, mais la situation est rentrée dans l'ordre.

Un homme âgé de 79 ans est décédé dans un bureau de vote à Eernegem, dans l'entité d'Ichtegem, en Flandre occidentale, d'après le bourgmestre Karl Bonny.

Dans les communes à facilités, malgré les nouvelles tensions communautaires suscitées par l'envoi des convocations électorales à Rhode-Saint-Genèse, qui comprend les six communes à facilités, aucun incident n'a été constaté dimanche lors des élections, selon le juge de Paix Simon Cardon.

Les formations de gouvernements dans le viseur

Le PS et le MR souhaitent avancer en parallèle dans la formation des majorités dans les Régions et à l'échelon fédéral, ont laissé entendre dimanche les présidents des deux partis lors du traditionnel débat qui suit les élections.

Paul Magnette souhaite "avancer le plus vite possible et le plus possible en parallèle". A ses yeux, les partis politiques ne doivent pas tomber dans le piège de la N-VA, avec des majorités régionales qui se constitueraient rapidement et une paralysie qui s'installerait à l'échelon fédéral.

"On a intérêt à essayer de travailler en parallèle", a souligné Charles Michel. Les majorités aux deux niveaux de pouvoir seront constituées pour 5 ans. A ses yeux, il serait regrettable qu'il y ait des incohérences entre les programmes politiques.

 

Pour connaître les détails des votes dans votre région, cliquez sur :

 

Revoyez le débat des présidents des partis francophones:

RTBF

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