Le Scan: quand des éleveurs de chiens utilisent des passeports frauduleux

Pour vendre des chiens parfois malades, des vendeurs n’hésitent pas à trafiquer les passeports. Un business lucratif.

Fin décembre 2018, Cresilia Biancucci achète un spitz nain dans une animalerie de la région de Charleroi. Le prix : 1400€. Le chiot meurt dix jours plus tard. « Ma vétérinaire a découvert que le vendeur a menti sur son âge. Le chien n’avait pas quatre mois comme annoncé, mais deux mois et demi ». Plus le chien est jeune, plus il est « vendable ».

Il y a des centaines d’histoires comme celles-ci qui fleurissent sur les réseaux sociaux. « Il y a deux ans, j’ai acheté un boxer dans un élevage. Il est mort au mois d’août dernier », confie Maude Verstraete. « Son passeport était belge, mais le vendeur m’a révélé qu’il provenait de Slovaquie ».

Passeports frauduleux

Dans de nombreux cas, les passeport des animaux sont trafiqués. Le but : cacher l’âge ou la provenance des animaux, issus d’usines à chiots belges ou de pays de l’Est. Ils y sont produits à la chaîne dans des conditions inférieures aux normes. Ils peuvent ensuite générer de graves maladies. « On peut également ajouter des problèmes de sociabilisation. Il y a également des problèmes de traçabilité et de consanguinité. Ces animaux sont généralement transportés dans des conditions désastreuses », analyse Sébastien De Jong, directeur de l’ASBL Sans Collier.

Des vétérinaires comme complices ?

Chez nous, chaque éleveur/vendeur doit être suivi par un vétérinaire belge. Il administre notamment les vaccins. Comment est-il possible de tricher ou de falsifier les passeports ? « Les vétérinaires sont parfois complices. Ils acceptent parfois ce que les vendeurs leurs ordonnent de faire », analyse Michel Vandenbosh, président de Gaia, l’assiociation de défense des animaux.

Réaction du ministre

Sur internet, les petites annonces se multiplient. Selon la race, un chiot peut se vendre entre 350€ et 1500€. Un business qui peut rapporter beaucoup d’argent à certains éleveurs. Carlo Di Antonio, le ministre wallon du bien-être Animal se dit attentif à la situation de ces élevages. Il affirme vouloir limiter ce genre de commerces et renforcer les contrôles.

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