Le Scan: le champagne trop cher? les Belges vont acheter ailleurs!

Roncq, en France, à quelques kilomètres de Mouscron. Sur le parking de l'un des plus grands supermarchés de l'Hexagone, des voitures belges à perte de vue. "Plus de 20% de notre clientèle est belge", se réjouit Didier Coué, le gérant. Direction le rayon champagne, l'un des plus prisés en cette fin d'année. Des dizaines de clients y choisissent leurs bulles pour Noël. "Nous venons de Waregem, à 28 kilomètres", lâche un couple. "J'habite à 100 kilomètres d'ici, à Affligem. Ce n'est pas loin! ", répond une autre cliente. 

Jusqu'à 10€ de différence par bouteille 

Faire plus de 100 bornes pour du champagne et des produits de fête? Une habitude pour des milliers de Belges! "Regardez cette bouteille. C'est seulement 17€, au lieu de 34€. Quelle affaire", poursuit un autre acheteur. 

En magasin ou sur internet, la différence de prix est parfois énorme. De 3€ à 10€ par bouteille. Quatre bouteilles sur cinq sont plus chères en Belgique.

Les raisons? Une marge plus grande des supermarchés belges (étiquetage plus coûteux, coût du travail), mais surtout, une forte augmentation des accises, fin 2015. "Les achats transfrontaliers ont doublé depuis cette période", analyse Marc Mondus, consultant chez GFK. "La différence de prix est telle que les ménages belges n'hésitent pas à rouler des dizaines de kilomètres jusqu'à la frontière française". 

Augmentation des accises, un pari perdu? 

Pour Vinum et Spiritus, la fédération belge des vins et spiritueux, c'est un coup dur, depuis 3 ans. "Les ventes de champagne ont diminué de 8%. Et même 24% pour les spiritueux", constate Geert Van Lerberghe, le directeur. " C'est un manque à gagner de 650 millions d'euros pour l'État. Cette mesure est un échec".

Pourquoi un échec? Car le Belge n'a pas diminué sa consommation d'alcool. Il en boit tout autant (NDLR : 12,6 litres par habitant par an, soit le champion du monde de la consommation, selon une étude Nielsen). Il a simplement adapté son comportement. "Aujourd'hui, le Belge va juste se servir ailleurs, là ou c'est moins cher", explique Pierre-Alexandre Billiet, professeur à la Solvay Business School. "Pour l'État, c'est moins de rentrées d'accises". 

En taxant plus l'alcool, l'Etat se serait donc lui même privé de recettes importantes. Un comble. Pas de quoi déboucher le champagne. Tout le contraire de ces milliers d'acheteurs transfrontaliers.
 

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