Visite royale et commerciale en Inde, un marché juteux pour les entreprises belges (photos de la visite royale)

Les souverains belges posent devant le Taj Mahal
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Les souverains belges posent devant le Taj Mahal - © BENOIT DOPPAGNE - BELGA

Dimanche, le Roi et la Reine s’envolent pour New-Delhi, accompagnés du ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders (MR), des ministres présidents régionaux, Geert Bourgeois (N-VA), Willy Borsus (MR) et Rudi Vervoort (PS) ainsi que du ministre président de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Rudy Demotte (PS).

La maison royale emmène également dans ses bagages plus d’une centaine de représentants du monde académique et chefs d’entreprise belges. Une délégation taille extra-large donc pour cette visite d’Etat, ce sera la troisième fois que le Roi et la Reine se rendent ensemble en Inde.

70 ans

Cette visite est d’abord l’occasion de commémorer 70 ans de relations diplomatiques entre la Belgique et l’Inde. Lors de l’accès à l’indépendance il y a tout juste 70 ans, l’ambassadeur de Belgique, le Prince de Mérode, fut un des premiers à présenter ses lettres de créances à Nerhu, le premier Premier ministre de l’Inde.

Cette visite doit permettre aussi une commémoration plus inattendue : les 100 ans de la 1ère guerre mondiale. C’est en effet un aspect de l’histoire peu connu et qui lie intimement la Belgique et l’Inde qui sera célébré. Lors de la grande guerre, de nombreux soldats indiens ont participé au conflit en Europe. On estime que 9.000 d’entre eux sont tombés sur les champs de bataille flamands (Westoek). Et, en 1918, après la fin de la guerre, de nombreux Indiens ont aussi beaucoup contribué à la reconstruction d'Ypres. C’est ce qui ressort de travaux et de recherches effectués par des historiens indiens et belges et qui font l’objet d’une exposition à Bombay.

Made in India

Mais cette visite n’a pas seulement un caractère historique et diplomatique. Elle a un objectif aussi économique car la plus grande démocratie du monde – plus d’1,3 milliard d’habitants - est aussi un marché au potentiel économique vertigineux.

Membre du “Brics” (avec le Brésil, la Russie, la Chine et l’Afrique du Sud), le club de grandes puissances émergentes actuelles, l’Inde affiche un taux de croissance à faire pâlir d’envie sous nos latitudes anémiées, plus de 7% en 2016.

Pas d’eau courante, pas d’électricité 

Avec une population en moyenne très jeune, le sous-continent est devenu un leader dans les IT et les services “digitaux”, à l’instar de la ville de Bangalore qui n’a plus rien à envier à sa vénérable cousine de la Silicon Valley. Ce savoir-faire “made in India” attire toujours plus de sociétés étrangères, séduites aussi par une main d’oeuvre bon marché.

Pour autant, ce gigantesque pays affiche aussi d’importantes disparités économiques. Si une classe moyenne se développe dans les grandes villes, dans les campagnes souvent le temps semble s’être arrêté; pas d’eau courante, pas d’électricité et des services publics inexistants.

Salam Mumbay

L’Inde détient aussi le triste record du plus grand bidonville d’Asie. Entre 700.000 et 1 million d’habitants croupissent à Dharavi, au pied des tours de Mumbay, une des 10 places financières les plus importantes du monde.

Les grandes villes d’Inde sont pour la plupart plus peuplées que la seule Belgique, elles ne cessent de s’étendre sous la pression de l’exode rural, les pouvoirs publics ont le plus grand mal à suivre en matière d’infrastructures face à des besoins tout simplement colossaux. L’actuel Premier ministre, le nationaliste indu Modi, en est d’ailleurs très conscient qui veut ouvrir son pays en facilitant les investissements étrangers dans de nombreux secteurs.

Actuellement, 170 entreprises belges sont présentes en Inde et elles reconnaissent qu’il n’est pas toujours simple de fonctionner dans un pays où la bureaucratie reste un frein, si pas un handicap majeur.

Le potentiel de l’Inde représente un nouvel eldorado

Mais, il faut persévérer, confient leurs dirigeants, car les prévisions de croissance et le potentiel de l’Inde représentent un véritable nouvel eldorado. Au sein de l’Union européenne, la Belgique est le deuxième pays exportateur de biens vers l’Inde, il s’agit en majorité de pierres et des métaux précieux, dont 80% de diamants. Mais pour la Belgique, il ne faut pas que cela s’éternise, il est temps aussi de passer à autre chose.

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