Le Roi est-il "couvert" au Japon? Les avis étant divisés, De Crem rejoint le couple royal

Didier Reynders, ministre des Affaires étrangères ne rejoindra pas le couple royal au japon.
Didier Reynders, ministre des Affaires étrangères ne rejoindra pas le couple royal au japon. - © ERIC LALMAND - BELGA

Après une demi-journée d’atermoiements dans une ambiance plombée par l’absence de déclaration gouvernementale devant la Chambre, c’est finalement le secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, Pieter De Crem (CD&V) qui rejoindra le Roi pendant le reste de la visite d'Etat au Japon.

Aucun membre du gouvernement fédéral n’avait été désigné pour accompagner le roi Philippe pour célébrer 150 ans de relations diplomatiques entre le pays du Soleil Levant et la Belgique. Tous les ministres fédéraux sont retenus en Belgique pour négocier le budget.

Constitutionnellement le Roi reste couvert...

L'absence de ministre au Japon ne posait-elle pas un problème constitutionnel ? Pour Christian Behrendt, professeur de droit constitutionnel à l'Université de Liège et à l’École Royale Militaire, il n'y a en tout cas aucun problème : "Il va de soi qu’il est préférable, ne fût-ce que pour des raisons de prestige, et des questions d’usage, qu’une visite d’État se fasse avec le chef d’État et puis une certaine délégation ministérielle, à tout le moins un ministre. Ce sont là des choses qui, en termes d’usage, sont sans doute préférables. Mais, en l’occurrence, si vous avez un problème domestique dans votre propre pays qui rend impossible la venue d’un ministre, constitutionnellement le Roi reste couvert. Il y a eu un accord du gouvernement pour la visite d’État. Le programme a été approuvé. Donc, le Roi est couvert et cela peu importe l’endroit où se trouve éventuellement le ministre".

... Ou pas

D'autres professeurs de droit constitutionnel, comme Marc Verdussen (UCL) et Marc Uyttendaele (ULB) ont un avis opposé. Pour eux, la présence d'un ministre fédéral aux côtés du Roi à l'étranger est constitutionnellement requise. Car même si le Premier ministre faisait un communiqué de presse disant qu'il couvre les propos tenus durant la visite royale, "il y a aussi des actes, des attitudes, des comportements qui peuvent poser problème", explique Marc Verdussen.

Exemple: quid si le Roi applaudit ou non un discours ? Il n'y a pas que les propos qui doivent être couverts. Et ici, en l'occurrence, pour ces deux experts, une couverture "à distance" est impossible. 

 

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