Le risque de récidive diminue d'au moins 75% grâce à l'éthylotest antidémarrage

Le taux de récidive des conducteurs qui se voient imposer un éthylotest antidémarrage est 75% moins élevé que ceux qui reçoivent une peine traditionnelle, selon une étude de l'institut Vias.

Jeudi, la Chambre a approuvé à l’unanimité un projet de loi qui prévoit des peines plus sévères pour les infractions routières graves. L’éthylotest devra être imposé dans certains cas. D'après l'institut Vias, cette loi constitue un énorme pas en avant dans la lutte contre les accidents dus à l'alcool et "une mesure essentielle pour une meilleure sécurité routière".

En vigueur le 1er juillet prochain

Concrètement, la mesure entrera en vigueur le 1er juillet prochain et sanctionnera des faits survenus après cette date.  Il faut dire que l’éthylotest antidémarrage était déjà à la disposition des magistrats, mais ceux-ci ne l’utilisaient que très peu. Ce projet de loi les oblige désormais à imposer l’installation de ce dispositif aux conducteurs présentant un taux d’alcool de 1,8 gramme par litre de sang, ou aux récidivistes (avec 1,2). Et ce, durant une période de temps décidée par un juge. 

Comment ça marche? Une fois le dispositif installé, le conducteur devra d'abord souffler dedans afin de démarrer son véhicule. L'appareil empêchera de démarrer si le taux d'alcool est supérieur à 0,2 pour mille et peut par ailleurs demander au conducteur de répéter son geste à des intervalles réguliers durant son déplacement. Il disposera alors de 15 minutes pour le faire, en s'étant garé au préalable.

Un coût certain

Le conducteur sanctionné devra en outre suivre un programme d'encadrement et s'acquitter des frais d'installation et d'utilisation du dispositif. Ce qui représente une somme de 3700 euros.

C'est justement le coût de ce dispositif qui pose questions du côté des avocats traitant majoritairement des infractions de roulage. "On est de plus en plus dans une situation de paupérisation de la population. 3000 euros... certains ne les trouveront pas", déplore l'avocat Christophe Redko. 

Autre problématique: que faire dans le cas où les personnes conduisent plusieurs véhicules, au travail par exemple ? "S’ils ne savent pas placer l’Alcolock, ils vont quand même être amenés à continuer à aller travailler, prendre leur auto", ajoute Christophe Redko. "En cas d’accident en tort, ils ne seront pas en ordre de permis de conduire et la compagnie d’assurance peut réclamer l’intégralité des débours. Et ça, c’est quelque chose qui pourrait amener à vendre sa maison".

En 2016, pas moins de 4300 accidents de roulage ont impliqué au moins un conducteur sous l’influence de l’alcool, soit un accident corporel sur huit.

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