Le retour des enfants en maternelle : le débat, les pistes et l'importance du lien social

Le retour des enfants en maternelles: le débat, les pistes et l'importance du lien social
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Le retour des enfants en maternelles: le débat, les pistes et l'importance du lien social - © kali9 - Getty Images

"Quand est-ce que mon enfant pourra retourner en maternelle?", "A quand une reprise des activités des classes de maternelles?", "Ma fille est impatiente de retrouver son institutrice, ses copines et la cour de récré"... Autant de commentaires qu'on peut lire sur les réseaux sociaux, écrits par des parents qui témoignent de l'impatience de leur enfant de retrouver leur classe maternelle.

Alors que les élèves de 6e année primaire et de 6e et 7e années du secondaire reprennent le chemin de l'école, ce n'est pas encore le cas pour les élèves des classes de maternelles. Dans une carte blanche, 269 pédiatres appellent à un retour à l'école pour le plus grand nombre d'enfants. Ils ne sont pas les seuls. De plus en plus d'acteurs du terrain, d'éducateurs, d'associations qui viennent en aide aux jeunes, font le même vœu. Il y va de l'intérêt des enfants, nous explique-t-on. Même les autorités politiques sont bien conscientes de l'enjeu.   

Le débat sur le retour des enfants de maternelle

Le retour des enfants de maternelles est l'une des questions qui revient quasi à chaque conférence de presse du Conseil national de sécurité. Interrogées à ce sujet il y a encore quelques semaines, les autorités politiques expliquaient que ce retour ne figure pas dans les priorités du déconfinement en Belgique.

Selon les experts, il est très compliqué, voire impossible, d'assurer le respect de la distanciation sociale chez les plus petits. "Comment voulez-vous expliquer à un enfant de 3 ans qu'il ne peut pas sauter dans les bras de son institutrice?" répondait l'un des experts du GEES, le Groupe d'experts chargés de la stratégie du déconfinement. 

Interrogé à son tour, fin avril, le Ministre-président de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Pierre-Yves Jeholet, s'en remettait à l'avis des experts, ajoutant qu'une évaluation de cette question est prévue fin mai. "C'est à ce moment-là que nous examinerons s'il est vraiment opportun de faire rentrer les enfants des maternelles", précisait le chef du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. 

A l'époque, certaines sources faisaient même état de la possibilité que les enfants de maternelles ne retournent pas à l'école avant le mois de septembre. "Nous n'avons pas le choix. Nous devons suivre ce que disent les experts", nous expliquait-on à l'époque du côté de la Fédération Wallonie-Bruxelles. 

L'appel de la ministre de l'Education

Ces dernières semaines, des appels venant de tous côtés se font fait de plus en plus pressants pour le retour des enfants de maternelles.  

Aujourd'hui, Caroline Désir, la ministre de l'Education en Fédération Wallonie-Bruxelles, plaide à son tour pour que cette question soit débattue au plus vite.

Interrogée par nos confrères de La Libre Belgique, Caroline Désir déclare que "les experts les (enfants de maternelles) ont un peu vite évacués en raison de l'impossibilité de leur faire respecter les mesures de distanciation sociale. Je pense qu'il faut reconsidérer tout cela".

A la question du manque de place, la ministre propose de se tourner vers les pouvoirs locaux. Les salles communales et de spectacle pourraient, selon elle, être utilisées pour accueillir les plus petits et ainsi respecter les mesures de sécurité nécessaires.   

Des petites structures en plein air

Comme pour tous les élèves, le retour des enfants de maternelles vise à leur permettre de retrouver le lien social. "Il y va de leur santé mentale", expliquent les pédiatres.   

A défaut de pouvoir organiser ce retour à l'école, Bernard De Vos plaide pour la mise en place d'activités en plein air. Le délégué général aux droits de l'enfant explique son idée: "Il faut créer des structures de plein air au sein même des quartiers, dans les parcs, et faire en sorte qu'une série d'acteurs, qui viennent des maisons de jeunes, des écoles de devoir, des éducateurs de rue, puissent prendre en charge des petits groupes en silots, avec 5 ou 6 enfants et un animateur". La ville de Charleroi et la commune d'Ixelles réfléchissent actuellement à la mise en place d'un tel projet. "Ce serait bénéfique pour les enfants car ils ont besoin de sortir et de respirer le grand air" ajoute Bernard De Vos. 

JT 19H30 (29/04/20)

Pourquoi les maternelles ne retournent pas à l'école ?