Le radar-tronçon installé aussi sur les chantiers autoroutiers?

Le Lidar sera peut-être secondé par le radar-tronçon sur les chantiers d'autoroute
Le Lidar sera peut-être secondé par le radar-tronçon sur les chantiers d'autoroute - © NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

L’an dernier, les "Lidars", les radars installés sur les chantiers routiers, ont flashé près de 110 000 conducteurs. Ils leur ont rappelé le danger qu’une vitesse excessive fait courir spécialement à ces endroits.

Aujourd’hui, la police envisage de hausser le ton : elle imagine des dispositifs qui mesureraient la vitesse non plus en un seul point mais tout le long d’un chantier.

Le Lidar est efficace

Chaque année, les chantiers autoroutiers sont le théâtre d’accidents le plus souvent dus à la vitesse. L’Agence wallonne de sécurité routière note que depuis 2009, on déplore tous les ans le décès de 3 personnes tandis qu’une centaine d’autres sont blessées.

C’est pour cela que le Service public de Wallonie a mis à la disposition de la police quatre radars Lidar qui, entre mars et novembre, passent continuellement d’un chantier autoroutier à l’autre.

La Flandre aussi a investi dans deux appareils comparables et Bruxelles les teste. C’est une forme de dissuasion qui porte ses effets, explique le Commissaire Jonniaux. Le directeur de la Police fédérale de la Route observe que depuis la mise en service des Lidars, en 2012, la vitesse a nettement diminué autour des endroits surveillés.

Encore plus fort : le radar-tronçon
La vitesse a diminué mais pas encore assez : classiquement, la crainte du P.V. joue pendant quelques centaines de mètres puis les moins prudents appuient de nouveau sur la pédale de gaz. L’idée des autorités est donc d’empêcher le conducteur pressé de relancer son véhicule en le contrôlant pendant tout son parcours le long du chantier avec cette fois un radar-tronçon.

Il existe déjà des installations de ce type en Belgique, par exemple sur l’autoroute de Bruxelles vers la côte ou à la sortie du tunnel de Cointe. Elles obligent les automobilistes, les motards, les routiers à contenir leur vitesse sur l’ensemble d’un parcours puisqu’à la sortie, le dispositif calcule le temps mis par chaque véhicule pour accomplir son trajet. Et si la moyenne dépasse la limitation imposée, un procès est dressé.

En 2016, en 2017 ?

Le système a la faveur des autorités et celle de la police qui imagine désormais son installation sur les chantiers autoroutiers. Mais il ne suffit pas de le vouloir, explique le Commissaire Michaël Jonniaux. "Il faut en effet voir si techniquement ce genre de système est disponible sur le marché, s’il est homologué en Belgique (…) et quels sont les coûts de ces radars".

Bref, le système est bel et bien à l’étude mais pas encore prêt à être installé. Et lorsqu’on lui demande à quel horizon il imagine ces radars-tronçons le long des chantiers, le directeur de la Police fédérale de la Route prend des gants : "Certainement pas en 2015, sourit Michaël Jonniaux. Est-ce que ce sera 2016, 2017 ? Je suis dans l’impossibilité de vous le dire", admet-il. Mais il reste que l’intention est bien là.

Dissuader plutôt que sanctionner

La vitesse à proximité des chantiers est en effet particulièrement dangereuse pour les ouvriers et pour l’ensemble des conducteurs. Et les accidents génèrent bien trop d’embarras de circulation sur les sections en travaux pour qu’on ne s’attache pas à trouver une solution.

Une solution qui ne tient pas qu’au P.V. Le ministre wallon de la Sécurité routière, Maxime Prévot, l’a reconnu. "Les parquets de police, admet-il, sont dans l’impossibilité de traiter plus de verbalisations d’infractions routières". Par manque de moyens, ils ne suivent plus le flot de contraventions. Il est donc de loin préférable de faire diminuer les infractions plutôt que de devoir gérer les sanctions. La crainte du P.V. est un instrument de dissuasion puissant. Mais quand il est trop abondamment distribué, il finit par perdre son efficacité.

 

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