Le quotidien français Nice Matin dénonce la gestion chaotique de son actionnaire Nethys

Lors d'une rare visite au quotidien, Pol Heyse et Stéphane Moreau ont été accueillis à Nice-Matin par un personnel et des syndicats plutôt remontés à leur égard
Lors d'une rare visite au quotidien, Pol Heyse et Stéphane Moreau ont été accueillis à Nice-Matin par un personnel et des syndicats plutôt remontés à leur égard - © Nice-Matin

Comme les journaux du groupe l’Avenir, Nice-Matin compose avec le même actionnaire : Néthys. Et comme leurs confrères belges, les employés français constatent, disent-ils, une gestion chaotique et un laisser-aller qui conduit aujourd’hui le quotidien français à deux pas de la faillite. Ils ont voulu l'expliquer chez nous, au pays de leur actionnaire.
En commission des médias du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, une délégation de journalistes et de syndicalistes français est venue dire son ras-le-bol de la gestion de Nethys, et par-delà, de Stéphane Moreau.

Lune de miel
Néthys est entré en fanfare en 2015 chez Nice-Matin. A 95%, les employés ont accepté une offre qui annonçait monts et merveilles, se souvient Pascale Primi, journaliste : "Le pacte d’actionnaires promettait des développements, des investissements, une diversification, des synergies avec L’Avenir ou La Provence. Tout ça était très prometteur."

Désillusion
Mais les promesses sont restées lettre morte. Aujourd’hui, 180 employés ont dû quitter, les synergies sont restées de vagues projets et le journal est à deux doigts de faire la culbute. La faute, estime le personnel, à une absence totale d’implication et de gestion. Alexandre Sare participe au Conseil d’Entreprise du quotidien. Il explique que "Stéphane Moreau est venu à un seul Conseil d’Administration. On sentait qu’il n’était pas proche du dossier, il ne connaissait pas les chiffres et il ne validait rien".

Analyse identique
A Nice-Matin, Néthys s’était engagé pour décembre 2018 à devenir actionnaire majoritaire ou à quitter. Finalement, ni l’un, ni l’autre sans qu'une explication ne soit donnée. Un repreneur s'est pourtant manifesté. Mais Nethys a préféré verser 3 millions pour éponger des dettes plutôt que de vendre un journal qui, par manque d'intérêt de ses actionnaires, part à la dérive.
En désespoir de cause, les employés français sont venus cet après-midi expliquer la situation aux députés de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Ils espèrent qu'ils réagiront.

Même constat
A Namur, les employés de l’Avenir tirent le même constat de désorganisation, de manque de cohérence. Cela renforce malheureusement notre analyse, disent-ils : "A la fois absence de logique, de vision et carence de gestion".
Les journalistes belges craignent pour la pérennité de leurs journaux mais leur situation reste relativement protégée : elle est en revanche bien plus préoccupante pour leurs 850 collègues français pour qui la faillite menace désormais.
Une perte qui, si elle survenait, pèserait nécessairement sur les finances publiques... wallonnes.

 

 

 

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