Le PTB va-t-il monter au pouvoir? "Si le PTB monte, c'est vraiment pour peser", dit Raoul Hedebouw

Le porte-parole du PTB refuse pour l'instant de dire si son parti va oui ou non rentrer dans une coalition, à Charleroi ou à Molenbeek, par exemple.

Ce n'est pas aussi simple, selon, Raoul Hedebouw : "On va discuter programme. Les électeurs ont voté pour nous, pour mettre sur pied des coopératives de construction de logements sociaux, pour avoir des transports gratuits comme cela existe à Dunkerque, pour diviser les salaires des bourgmestres des grandes villes en deux (...). La question, c'est de savoir si d'autres partis sont d'accord de faire ce bout de chemin-là avec nous"

Des conditions trop strictes?  

À la question de savoir si le PTB met des conditions peut-être un peu trop strictes pour former une coalition, il répond : "C'est plutôt l'inverse qui m'étonne. Je suis étonné comment en Belgique il y a une telle culture politique que en 2h-3h, sur le bord d'une table, on arrive à négocier des accords (...). On ne s'y retrouve plus ! Pourquoi tous ces partis arrivent à négocier en vitesse ? Pas sur le fond, mais sur les places qu'ils distribuent, c'est parce que les programmes sont interchangeables, c'est ça le problème dans la politique belge. Finalement, c'est quoi la différence dans les politiques menées ?" 

Et de rappeler que le PTB, c'est "un programme de rupture" : "Nous on ne veut pas rester dans ce cadre de capitalisme ambiant qui met les travailleurs en concurrence, les villes en concurrence. C'est un autre type de programme"

"Si le PTB monte, c'est vraiment pour peser"

Pas de majorité s'il n'y a pas de rapport de force comme cela a été le cas pour Ecolo en 1999 pour Raoul Hedebouw : "Nous, on a besoin d'un rapport de force par rapport aux partis traditionnels. Il y a le rapport de force des voix. De ce côté-là, le PTB ne va pas rentrer dans une majorité si c'est pour être la 5ème roue du carrosse. À Charleroi, par exemple, Paul Magnette a sa majorité. Si c'est pour aller faire du folklore... mais on ira le rencontrer".    

Et d'ajouter : "Si le PTB monte, c'est vraiment pour peser". 

Il prédit d'ailleurs que cette "montée du rouge-vif" est "durable" et que "le PS va devoir faire avec".

L'opposition permet des victoires

Pour Raoul Hedebouw, rester dans l'opposition n'est pas une défaite, au contraire, cela permet d'aller "chercher des victoires" : "Je crois qu'il y a deux manières de mener le combat. Mais je crois sincèrement que l'opposition permet, si les gens rentrent en lutte, avec des manifestations, avec des pétitions, c'est comme ça qu'on a été chercher notre sécurité sociale". Mais "c'est plus simple d'avoir une majorité absolue"

Reste que le PTB attend maintenant de voir ce que les autres partis proposent pour entrer en coalition. "Nous n'allons pas signer pour des programmes anti-sociaux", affirme-t-il. 

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