Le PTB refuse de vendre Nethys: "Recréons une nouvelle grande intercommunale" avec sa filiale Elicio

Ce soir se tiendra un Conseil d’administration sous tension à Enodia (ex-Publifin), alors que la revente de plusieurs filiales de Nehys, et particulièrement Voo, est remise en question par le monde politique et les communes actionnaires d’Enodia.

Ce CA sera aussi particulier car il verra l’arrivée d’un administrateur PTB, Damien Robert. Le PTB, qui par la bouche de son porte-parole Raoul Hedebouw, clame haut et fort sa position sur cette affaire, sur le plateau de Matin Première, face à Thomas Gadisseux et François Heureux.

"Inutile de vous dire que nous, comme parti de gauche, on dit non, on ne vend pas des outils publics, il n’y a pas à privatiser ce type de services." Beaucoup ne s’attendent pas à grand-chose pour le CA de ce mercredi, mais le député fédéral espère que les communes se rebelleront. "Elles sont quand même les actionnaires principales : Enodia reste publique, même si elle a été privatisée de l’intérieur. Nethys était déjà gérée avec une logique de business, des salaires de business pour Stéphane Moreaux, avec des logiques de compétitivité, de profit à tout prix. C’est cette logique qu’il faut pouvoir briser. J’espère bien que les communes diront stop."

"Des grandes sociétés publiques d’énergie"

Mais là où le consensus se fait autour du fait qu’il faut "mieux" vendre, le PTB, lui, veut garder cet outil public "pour produire de l’énergie verte à un prix défiant toute concurrence pour les consommateurs". Raoul Hedebouw fait ainsi référence à la filiale Elicio, qui produit de l’électricité éolienne offshore. "Il faut recréer une nouvelle intercommunale avec elle, et tendre la main vers les autres villes de Wallonie, de Bruxelles et de Flandre. On est dans un débat stratégique essentiel : la question est de savoir comment l’on va obtenir la neutralité carbone en 2050. Nous croyons que des grandes sociétés publiques d’énergie, qui ne vont pas dépendre de la loi de l’offre et de la demande, sont la solution."

"Elicio est une société qui va faire la blinde d’argent d’ici quelques années. Elle a des subsides de 120 à 130 euros par Mwatt produit, et donc les investissements d’aujourd’hui vont beaucoup rapporter demain."

Elicio est une filiale qui est promise au rachat à Ardentia, société présidée par François Fornieri, et dont Stéphane Moreau était administrateur et délégué à la gestion journalière (il a depuis quitté ces fonctions). Tous deux sont administrateurs de Nethys. Depuis les révélations des projets de vente des filiales Nethys, Eneco a marqué son intérêt pour la reprise d’Elicio.


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"Aujourd’hui des administrateurs publics comme Stéphane Moreaux ou François Fornieri se revendent à eux-mêmes ce type d’entreprise, pour l’euro symbolique. C’est le casse du siècle. Le PTB n’est pas d’accord avec cette idée, que suivent les grands partis traditionnels, qu’en aidant les grands acteurs économiques, on va relancer notre économie."

Le peuple a le droit de savoir ce qu’il se passe dans ces CA d’entreprises publiques

Le conseiller communal de la Ville de Liège dénonce aussi le silence autour des décisions qui sont prises lors des CA d’entreprises publiques, les administrateurs devant signer une clause de confidentialité, afin de respecter le droit des sociétés. "Le peuple a le droit de savoir ce qu’il se passe dans ces CA d’entreprises publiques, Damien Robert ne va pas se taire. Il respectera cette clause quand il s’agira de questions économiques ou quoi, mais pour l’essentiel des décisions prises, il faut une transparence. Et cette transparence, actuellement, n’existe pas, car c’est du huis clos dans ces CA."

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