Le PTB a-t-il vraiment intérêt à monter dans une majorité ?

Le PTB a fait une percée dans presque toutes les grandes et moyennes villes du pays. Face à ces résultats, le parti va devoir faire un choix : monter dans une majorité et se frotter à l'exercice du pouvoir ou rester dans l'opposition et garder son image de virginité en vue des élections fédérales de 2019 ?

Raoul Hedebouw, le porte-parole national du parti, l'affirme : "Si le PTB monte, c'est vraiment pour peser, pas pour être la cinquième roue du carosse".

Rester le plus loin possible du jeu politique

Toute la difficulté sera de trouver l'équilibre pour ce parti qui se pose en parti de rupture. "Le positionnement du PTB est ambigu. Ils critiquent les autres partis, les accords, les coalitions, tout ce qui fait la politique belge, mais en même temps, s’ils veulent participer au pouvoir, ils doivent aussi se mouiller, participer à ces accords, créer des coalitions, faire des compromis avec les autres partis", explique Régis Dandoy, politologue au centre de la politique locale de l'université de Gand.

Si le parti fait le choix d'intégrer une majorité, il devra abandonner sa position d'arbitre. Il pourrait alors se compromettre face à ses électeurs et perdre des plumes avant les élections fédérales de mai 2019. Le PTB doit donc réussir à garder son image de virginité politique.

Avec qui s'allier ?

Le PTB pourrait tout de même négocier dans deux villes : à Charleroi où le parti décroche la deuxième place en terme de voix et à Molenbeek où le parti gagne 7 sièges et se place en troisième position. Pour Régis Dandoy, le PTB pourrait s'allier avec des partis de gauche comme le PS ou avec des partis progressistes comme Ecolo. Par contre, "on imagine très mal le PTB négocier et gouverner avec le MR ou avec le CDH vu certaines valeurs qu’ils ne partagent pas" souligne-t-il.

Décevoir l'électeur ?

Avec ces bons résultats, les électeurs du PTB pourraient s'attendre à ce que des membres du parti intègrent des conseils communaux. Pourtant, le discours du PTB a toujours été clair : "ils ont dit qu'ils ne cherchaient pas le pouvoir à tout prix, ils se sont présentés comme un parti anti-traditionnel. Ils ont aussi prévenu leurs électeurs que ce serait très difficile de négocier" rappelle Régis Dandoy de l'université de Gand.  

Pour le politologue, ces élections communales doivent permettre au parti de présenter cette victoire comme une première étape. La suivante étant les élections fédérales de mai 2019.

 

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