"Le PS est n°1 sur le podium de la mauvaise gouvernance, le cdH n°2 et le MR n°3"

Des représentants des six principaux partis francophones (cdH, Ecolo, MR, DéFI, PTB, PS) étaient invités ce dimanche sur le plateau d'A Votre Avis pour débattre du divorce PS/cdH et de la nécessité de trouver de nouvelles majorités pour la région wallonne, bruxelloise et la FWB. Dans les sujets abordés: motivations du cdH, réformes éthiques, décumul...

"Monsieur Lutgen veut survivre, c'est tout"

Les tensions entre PS et cdH ont été très vives dès le départ. "Je ne comprends pas cet acte de trahison", déclare Christophe Lacroix (PS). "Le PS a fait le ménage, nous sommes le seul parti à avoir pris de telles mesures," ajoute-t-il en donnant notamment l'exemple des deux démissions fulgurantes au PS suite au scandale du Samusocial. "Monsieur Drion [impliqué dans le scandale Publifin] est toujours membre du cdH", déclare-t-il, "monsieur Lutgen veut survivre, c'est tout".

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Christophe Lacroix se demande: "Toutes les réformes sur l’éthique qui étaient en route sont retardées car le cdH a senti une pression. Est-ce parce que le PS voulait aller trop vite?"

A cela, Maxime Prévot répond que le parti a juste été "indigné par ce qu’il a vu (...) Personne ne peut croire que c’est à cause des mesures éthiques [que le PS a mis sur la table] que le cdH a pris peur." Le vice-président cdH du Gouvernement wallon l'assure: "Ce n’est pas un coup de com' destiné à notre survie. Ca fait des mois que les citoyens et les journalistes demandent que ça bouge".

"Le PS incarne la mauvaise gouvernance"

Face à cette confrontation, les représentants des autres partis ajoutent leur grain de seul. Pour Alain Maron, l'Ecolo qui a révélé le scandale Samusocial, la décision prise par Benoît Lutgen d'évincer le PS était "une démarche un peu particulière. Il demande tout seul de faire un bouleversement démocratique sans demander quoi que ce soit." Néanmoins, ajoute-t-il, "il y a quelque chose de jouissif à l’idée que le PS sorte des majorités car il incarne vraiment la mauvaise gouvernance. Sur le podium de la mauvaise gouvernance, le PS est numéro 1 mais le cdH est numéro 2 et le MR numéro 3."

A cela, le porte-parole du PTB Germain Mugemangango ajoute: "le cdH annonce qu’il voudrait aller avec le MR. Mais le MR c’est Kazakhgate. En termes de bonne gouvernance, je vois pas la plus-value." Comme Ecolo, le PTB réclame avant tout "de vraies mesures" en termes de gouvernance.

Pierre-Yves Jeholet (MR) se défend: "Aucun parti n’est épargné par les affaires mais en Wallonie, il y a un système socialiste."

Un avenir sans les socialistes est-il vraiment en train de pointer le bout de son nez? Est-ce vraiment une rupture définitive entre cdH et PS? Pas de doute possible pour Maxime Prévot (cdH): "Après 30 ans de domination, nous estimons que l’heure est venue d’écrire une nouvelle page sans le parti socialiste."

Et au niveau local?

Olivier Maingain (DéFI) interroge alors Maxime Prévot sur les majorités au niveau des communes: "La source d’un certain nombre de scandale commence au niveau local. Si vous êtes logique, le PS peut il rester très fréquentable au niveau local ?" Il évoque l'exemple de la ville de Liège où PS et cdH sont au pouvoir: "on ne peut pas dire que la ville soit super bien gérée...."

A cela, Maxime Prévot (cdH) répond: "Au niveau local, c’est une question de qualité de personnes."

Décumul des mandats

Impossible de ne pas évoquer la question brûlante du décumul des mandats et des mesures de bonne gouvernance. Pour le porte-parole du PTB, ce qui changerait la donne, c'est notamment "la publication des mandats privés et des montants".

Alain Maron (Ecolo) se frotte les mains. Grâce aux discussions en cours, dit-il, "tout le monde est soudainement très ouvert au sujet du décumul". Pour lui, le cumul est nocif car il "crée des conflits d’intérêts. Les intérêts communaux phagocytent les intérêts nationaux." Par ailleurs, ajoute-t-il, il y a aussi l’élément du temps : "je n’aurais pas pu faire émerger le dossier du Samusocial en tant que député si j’avais été bourgmestre ou échevin par ailleurs. Moi je travaille sur 15-20 dossiers, le Samusocial c’est un seul."

Pour Pierre-Yves Jeholet (MR), le décumul n'est "pas un point essentiel. C'est un point parmi d'autres." Pour lui, il reste à discuter d'autres questions telles que "le nombre de ministres, de parlementaires ou d'administrateurs".

De son côté, Olivier Maingain déclare qu'il "ne faut pas avoir honte de dire qu’il y a des postes à responsabilités qui justifient une rémunération correcte. Mais il faut surtout supprimer les rémunérations dérivées. Un certain nombre de mandataires vont chercher des revenus parallèles dans des structures parallèles qu’ils mettent parfois eux-mêmes en place".

Un accord pourra-t-il être conclu avant le mois de juin, est-il demandé à Pierre-Yves Jeholet. Pour lui, les négociations ne peuvent pas uniquement mener sur la bonne gouvernance, "on n'ira pas dans un gouvernement sans savoir quelle politique on veut mener".

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