Le PS demande la création d'un cours de philosophie

Dans le prolongement de la déclaration de politique communautaire qui appelle à la mise en place d'initiatives complémentaires à l'enseignement des cours de morale et de religion, ce cours de citoyenneté comprendra des "modules d'initiation" à la diversité, à l'égalité des genres, à la non-discrimination, à la promotion des valeurs démocratiques", indique le groupe PS. "Il veillera à développer l'esprit critique des élèves. Il fera la promotion d'une citoyenneté active fondée sur les valeurs de solidarité, de liberté et d'égalité. Il comprendra également des modules traitant de l'histoire des religions."

Un cours de citoyenneté

Le groupe PS souhaite que le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles étudie les modalités pédagogiques (socles de compétences, compétences terminales et référentiels), pratiques (organisation, inspection), statutaires (titres et fonctions requis, formation) et budgétaire, permettant la création de ce cours de citoyenneté.

Un cours budgétairement neutre

Vu le contexte, les socialistes disent être attentifs à ce que l'organisation de ce cours reste "neutre budgétairement". En outre, il est essentiel que l'emploi des enseignants des actuels cours dits philosophiques soit garanti.

Idéalement, précise le groupe PS, l'implémentation de ce cours devrait être progressive en démarrant au premier degré du primaire, au moment auquel se construit les bases du vivre ensemble, ainsi que dans les trois années du secondaire supérieur en s'appuyant sur la démarche philosophique.

La proposition de résolution sera déposée par les députés Christian Dupont, Caroline Désir, Françoise Fassiaux-Looten et Olga Zrihen.

Elle est notamment motivée par les récentes auditions en Commission Education du Parlement, des professeurs de Droit constitutionnel Christian Berhendt, Hugues Dumont et Marc Uyttendaele, qui ont remis en cause le caractère obligatoire et incontournable de la formule actuelle des cours dits philosophiques. Selon les socialistes, ils ont notamment montré que le nombre d'heures qui y était consacrées pourrait être révisé à la baisse, sans modification de la Constitution.

Dans l'opposition, le député Richard Miller (MR) se bat depuis plusieurs années en faveur de l'instauration d'un cours de philosophie dans l'enseignement secondaire. Un débat s'est engagé au Parlement. Le PS souhaite impliquer le gouvernement.

Un autre projet cdH

La ministre de l'Enseignement Marie-Dominique Simonet défend un projet de tronc commun intégrant les cours philosophiques, qui suscite des réticences dans le chef du partenaires socialiste. Ce projet reste d'actualité.

Au cabinet de la ministre, on estime que l'annonce faite dimanche par le groupe PS est "positive" en ce qu'elle permet d'avancer dans le débat. "Le PS, comme d'autres groupes politiques l'avaient fait avant lui, souhaite avancer dans la définition de grands principes. Derrière, la problématique reste complexe, car il est question de problèmes organisationnels, philosophiques, budgétaires", a précisé le porte-parole de la ministre.

Des profs spécialement formés ? 

Question parmi d'autres, qui va donner ces cours de philosophie ? Le PS estime qu'il est essentiel de garantir l'emploi des enseignants donnant aujourd'hui les cours de religion et de morale. Mais en octobre dernier en commission au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Pascal Chardom pour le Centre d'études et de défense de l'école publique, estimait que ces cours de philosophie devaient être donnés par des profs spécialement formés : "Ca me semble tout à fait aberrant de dire que le même cours doit être donné par des personnes qui ont des titres, des formations différentes mais qui sont clairement identifiées dans certains cas à une religion, on peut quand même s'étonner parce qu'un professeur de catholique doive tout de même évoquer l'islam et expliquer les fondements mêmes de cette religion".

 

 

RTBF et Belga

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