Le projet de visites domiciliaires reporté: "Nous avons perdu la bataille de la communication"

A peine évoquées, les visites domiciliaires ont provoqué un véritable tollé. Le projet de loi sur les visites domiciliaires devait autoriser la police à perquisitionner le domicile de personnes soupçonnées d'abriter un migrant en séjour irrégulier. Un scandale pour les magistrats et les associations de défenses des migrants qui dénoncent des procédures abusives et liberticides ainsi qu'un détournement du rôle du juge d'instruction. En colère, ils se mobilisent pour s'opposer à ce projet controversé. Dans le sillage, plusieurs dizaines de communes dans le pays ont voté des motions contre ce projet de loi.

Alors, face à la levée de boucliers, le gouvernement fédéral a préféré battre en retraite. Mais aujourd'hui, il apparaît que ce qui devait être une mise au frigo provisoire - le temps que les esprits se calment - risquent bien de devenir une mise en bière définitive. Du moins sous cette législative. 

Au frigo

Début de l'année, quand le projet est présenté, il est porté par le ministre de la Justice, le CD&V Koen Geens. Avec son retrait de la scène publique, le dossier est repris en main par le Premier ministre, Charles Michel, qui entend s'assurer du soutien entier du conseil des ministres restreint (kern), trop conscient que ce texte controversé est un véritable champ de mines pour sa majorité.

Officiellement, le gouvernement a entendu les critiques, il va travailler à améliorer et amender le texte. Fin mai, le Premier ministre l'annonce publiquement : il consulte et prendra tout le temps qu'il faut pour trancher.

Depuis de l'eau a coulé sous les ponts et le projet de loi semble bel et bien enterré sine die. C'est en tout cas ce que laisse entendre le ministre de la Justice, Koen Geens (CD&V) aujourd'hui dans la presse flamande. "En Belgique francophone, la loi semble inaudible ou taboue. Donc il n’est pas évident que cette loi soit appliquée durant cette législature".

La guerre de la com' perdue

Un enterrement de première classe qui n'est pas non plus une véritable surprise. Ces derniers jours, de nombreuses sources gouvernementales laissaient entendre l'abandon de ce dossier explosif sur lequel le gouvernement n'a pas l'intention de s'écharper alors qu'il ne reste plus que 9 mois avant la fin de la législature. "Cela ne sert à rien", nous confirme cette source proche du cabinet du Premier, "sur ce dossier, nous avons perdu la bataille de la communication". 

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