Le projet culturel flamand en périphérie, "une ligne de fracture du pays"

Le projet culturel flamand en périphérie, "une ligne de fracture du pays"
Le projet culturel flamand en périphérie, "une ligne de fracture du pays" - © Tous droits réservés

"La périphérie bruxelloise pourrait être demain une des lignes principales de fracture du pays" a déclaré Charles Picqué (PS) dans Matin Première ce lundi, réagissant au projet culturel flamand pharaonique envisagé au sud-ouest de Bruxelles. Pour le président du parlement bruxellois, il s'agit de concurrence déloyale.

"Je comprends que la périphérie bénéficie du rayonnement international de Bruxelles et en tire quelques avantages, ça c'est clair maintenant. Mais à partir du moment où on s'imagine pouvoir créer des grandes infrastructures qui font concurrence avec la centralité de la ville, on donne évidemment l'impression de dire : 'Bon, vous êtes la capitale de l'Europe, vous faites l'effet de levier sur le développement de la Flandre et nous on va profiter évidemment des bonnes choses et on va vous laisser les choses plus difficiles'", a expliqué Charles Picqué en citant en exemple "les problèmes sociaux propres à toutes les grandes villes" et "les problèmes de mobilité".

"Je pense que pour la N-VA, tout ce qui affaiblit Bruxelles est d'ailleurs un coup porté à l'adhésion du pays", a-t-il ajouté.

Charles Picqué a d'ailleurs tenu à rappeler que "dans les années 90, j'avais plaidé pour une communauté urbaine (qu'on a appelé communauté métropolitaine) (...) c'est à dire que l'on travaille au-delà des frontières linguistiques et des frontières régionales car finalement une ville, c'est un grand ensemble". Le problème est que la communauté métropolitaine "n'est pas très bien vu dans certains milieux flamands", dit-il.

"Au mépris, il faut opposer la détermination"

Autre grand sujet, le survol de Bruxelles et la demande du MR à la région bruxelloise de suspendre la perception d'astreinte sur le survol de Bruxelles le temps que les nouvelles instructions soient données à Belgocontrol. Sur ce point, Charles Picqué dit vouloir rester prudent : "Le bâton derrière la porte me semble quand même une bonne stratégie".

Et d'ajouter : "Au mépris, il faut opposer la détermination. Cela oblige l'Etat fédéral à chercher des solutions".

"On ne va pas commencer aujourd'hui à abandonner un élément de pression pour une négociation accélérée", conclut-il.

Un futur gouvernement "d'ultra-droite" ?

A la question de savoir si Elio Di Rupo n'exagère pas en qualifiant le probable futur gouvernement "d'ultra-droite", Charles Picqué ne répond pas vraiment. Le président du parlement bruxellois affirme juste que les mesures qui pourraient être prises par ce gouvernement de centre-droit pourraient "déboucher sur une crise sociale grave et peut-être mettre en péril les équilibres qui font la concertation, qui font la paix sociale et qui font la démocratie politique".

Il reconnaît toutefois du bout des lèvres que, vu la situation économique actuelle, il faut faire des réformes, "mais ces réformes", dit-il, "ne doivent pas toucher à des grands équilibres".

"Je ne peux pas comprendre qu'on dise qu'il faut stimuler la consommation et réduire le pouvoir d'achat des gens. C’est illogique", ajoute-t-il. "Je pense que les gens ne se reconnaitront plus dans la démocratie et cela pourrait être grave si, par exemple, ils sont inégaux devant l'accès aux soins de santé".

 

C. Biourge

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