Le procès pour incitation à la haine raciale envers l'animatrice Cécile Djunga s'ouvre aujourd'hui à Bruxelles

Le procès pour incitation à la haine raciale s’ouvre au tribunal correctionnel de Bruxelles ce 5 janvier avec, sur le banc des prévenus, un homme qui a écrit sur internet des insultes à caractère raciste et des menaces de mort envers l’animatrice de la RTBF Cécile Djunga.

Rétroactes

Les premiers faits remontent à juin 2017. A l'époque, Cécile Djunga commence à présenter la météo sur RTBF. Et les premières insultes commencent. Accaparée par sa formation à ce métier, elle décide de ne pas réagir.

Un an et demi plus tard, en septembre 2018, les attaques racistes sur internet n’ont jamais cessé et prennent une nouvelle dimension quand une femme appelle le service météo de la RTBF pour se plaindre que Cécile Djunga est “trop noire pour passer à la télé”.

Là, j’ai craqué”, explique Cécile Djunga. “Un craquage” qui prend la forme d’une vidéo postée sur les réseaux sociaux. Cécile Djunga dénonce la manière dont les personnes noires sont traitées à la télévision et le racisme qu’elle subit depuis qu’elle travaille à la télévision publique. “Je l’ai posté d’une manière très innocente, je ne me suis pas rendu compte tout de suite de la portée de ce message”, précise-t-elle.

Car son message, très partagé, fait réagir de nombreuses personnes et sa portée dépasse les frontières de la Belgique. Ce sont surtout des messages de soutien, même si de nouveaux messages problématiques sont écrits suite à la publication de la vidéo. 

 le parquet de Bruxelles, de sa propre initiative, ouvre une information judiciaire. “Il a fallu chercher des preuves et cela n’a pas été simple, d’abord parce que je ne voulais pas voir ces messages donc je n’avais pas pris de capture d’écran”.

Deuxième obstacle : la modération des sites d’information qui relayaient notamment la vidéo. C’est tout le dilemme de la modération sur les réseaux sociaux : faire la balance entre la demande importante et légitime de modérer les commentaires haineux et la question des preuves. D’après moi, ils suppriment des messages problématiques mais sans faire de suivi. Ça efface des preuves et cela n’empêche personne de recommencer”, indique Cécile Djunga qui a pu finalement porter une dizaine de plaintes.

Au terme de toutes les procédures, une seule personne est accusée d’incitation à la haine raciale,  après une enquête de deux ans et demi dans le procès qui s’ouvre ce mardi 5 janvier. Cette personne ne s'est encore présentée à aucune des étapes de la procédure, et pourrait donc être jugée "par défaut" ce mardi. Si elle se présente à l'audience, elle pourra toutefois demander un report.

Cécile Djunga, la RTBF et UNIA, le service public indépendant de lutte contre la discrimination, sont parties civiles dans cette affaire.

 

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