Christian de Duve, prix Nobel belge et grand nom de la science, est décédé

Christian de Duve, prix Nobel belge et grand nom de la science, est décédé
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Christian de Duve, prix Nobel belge et grand nom de la science, est décédé - © BELGA PHOTO BRUNO ARNOLD

Le Prix Nobel 1974 de médecine, le Belge Christian de Duve, est décédé samedi par euthanasie. Il avait 95 ans. Son état de santé s'était dégradé ces derniers mois. Christian De Duve a alors choisi, lui-même, de mourir après une existence au service de la science.

Il est parti ce samedi à sa demande et entouré des siens. On peut lire ce matin dans le journal Le Soir une interview qu'il souhaitait voir paraître après sa mort. Christian de Duve a toujours aimé se poser des questions et chercher des réponses. Attiré d'abord par la médecine, il s'est frotté à la biologie et à la chimie. Il a surtout travaillé sur les structures cellulaires et ce sont ses découvertes sur le lysosome et le peroxysome qui lui vaudront le prix Nobel en 1974.

"Cela m'a été très utile parce que le Prix Nobel est tombé à peu près le même jour que j'inaugurais le nouvel institut -qui porte mon nom aujourd'hui mais qu'on appelait l'ICP- que j'ai créé et donc ce hasard, encore une fois le hasard, m'a beaucoup servi parce qu'évidemment, ça m'a aidé à trouver les appuis. Le Nobel, c'est très bon pour la science. Parce que justement par son prestige, il attire l'attention, l'intérêt du grand public sur la science", déclarait-il récemment à notre micro à propos de cette prestigieuse récompense.

 

Ecoutez cet extrait d'interview via le player ci dessous:

 

Par contre, comme en atteste cette anecdote, Christian de Duve n'avait pas coché la case "Prix Nobel" dans son plan de carrière. Ainsi, alors qu'un jour sa femme se plaignait du froid en déclarant son envie d'avoir un manteau de fourrure, Christian de Duve lui a-t-il répondu sous forme de boutade: "Tu auras un manteau de fourrure quand j'aurai le Prix Nobel". A ce moment, le scientifique ne pensait évidemment pas un jour être réellement le lauréat de cette prestigieuse récompense. 

 

Le plaisir de "découvrir"

"Dans ma vie professionnelle, les moments les plus heureux que j’ai connus sont les moments de découvertes", nous avait confié Christian de Duve il y a quelques années. Lors de cette interview, il racontait également la façon dont une idée subite pouvait le faire se réveiller en pleine nuit, la façon dont il procédait à des expériences qui infirmaient ou (rarement) confirmaient ces soudaines intuitions et surtout, la "jubilation" de la découverte.    

Un transmetteur de savoir

Ce scientifique de renommée mondiale faisait également grand cas de sa responsabilité en tant qu'enseignant.

"J'ai toujours aimé enseigné. Je détestais faire passer des examens mais enseigner, partager ce que j'avais appris la veille avec mes étudiants, partager mon enthousiasme et mon intérêt, c'est toujours un plaisir. Toute ma vie, j'ai aimé faire des conférences, essayer de partager les dernières découvertes et mes dernières réflexions parfois aussi, à un grand public. Et je crois que c'est très important", expliquait-il encore récemment au micro de Véronique Thyberghien dans l'émission "O positif" sur la Première.

"J'ai connu d'excellents scientifiques, de tout grands scientifiques qui étaient de très mauvais communicateurs" y avait-il également précisé. "Mais je crois que dans la mesure où on a un peu le don de la communication, c'est un devoir. Parce que nous devons partager et expliquer surtout, éclairer le grand public. Je crois que ce qui est le plus catastrophique ou une des catastrophes dans le monde d'aujourd'hui, c'est que le grand public, ce qu'on appelle le grand public, n'est pas informé, ouvert à la science", déplorait-il.

Le choix de l'euthanasie

Christian de Duve aura été l'acteur et le témoin privilégié des grandes découvertes de l'après-guerre qui ont révolutionné la connaissance du vivant. 

Ce grand scientifique avait choisi l'euthanasie il y a un mois, révèle le Soir, qui publie une entrevue posthume. "Je suis tout proche de la mort, je suis au bout du rouleau", y déclare-t-il notamment.

Né en 1917, Christian de Duve avait obtenu son diplôme de médecine en 1941 et celui de chimie cinq ans plus tard. Le fruit de ses recherches a permis des avancées significatives dans la recherche médicale, et en particulier en cancérologie. Père de quatre enfants, il les a réunis autour de lui samedi matin pour partir "dans une grande sérénité" selon les termes de sa fille.

Elio Di Rupo: "Le Prix Nobel reçu en 1974 fut la juste récompense d'une carrière exemplaire"

Le Premier ministre Elio Di Rupo a fait part de sa grande tristesse lundi après avoir appris le décès ce week-end du prix Nobel de médecine 1974. Le Premier ministre "tient à rendre hommage à cette personnalité scientifique d'une envergure exceptionnelle", indique-t-il dans un communiqué de presse lundi. Elio Di Rupo estime que "le Prix Nobel reçu en 1974 fut la juste récompense d'une carrière exemplaire". Il souligne aussi l'engagement de citoyen dont a fait preuve Christian de Duve tout au long de son existence.

Ju. Vl. avec Belga
 
Ci dessous une interview exceptionnelle accordée par Christian de Duve à l'équipe de Matière Grise
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