Le printemps arabe montre qu'il y a des limites au "réalisme international"

Steven Vanackere (CD&V), ministre belge des Affaires étrangères
Steven Vanackere (CD&V), ministre belge des Affaires étrangères - © RTBF

Invité de Matin Première, le ministre des Affaires étrangères, Steven Vanackere, estime "que le printemps arabe est en train de montrer qu'il y a des limites au réalisme international". Un "réalisme international" responsable de la différence de traitement entre la Libye et la Syrie.

Évoquant la situation en Libye, Steven Vanackere justifie les anciens rapports de la Belgique avec la Libye par ce qu'il appelle un "réalisme international" : "Nos entreprises, nos compatriotes se trouvent partout dans le monde et pour défendre leurs intérêts dans ces pays (...), souvent, on est obligé à engager diplomatiquement avec beaucoup de pays". Mais "le printemps arabe est en train de montrer qu'il y a des limites à ce réalisme international". 

En d'autres termes, le ministre des Affaires étrangères pense qu'il faut à l'avenir "oser" développer d'autres contacts que ceux que l'on peut avoir avec les autorités du pays. Il pense notamment au monde associatif, à l'opposition, à la presse. Bref, "tout ceux qui représentent aussi une partie de ce pays sans pour autant être dans une position d'autorité". 

Libye versus Syrie : deux poids deux mesures

A ceux qui s'interrogent sur la différence de traitement entre la Libye et la Syrie, Steven Vanackere l'explique une fois encore par ce "réalisme international". Pour pouvoir engager des forces dans un pays (c'est la position de la Belgique comme d'autres d'ailleurs), dit-il, il faut "un mandat en bonne et due forme des Nations Unies", ce qui ne peut se faire "sans le soutien des organisations régionales, comme par exemple la Ligue arabe". Or ici, dit-il, la position des pays arabes et de la Ligue arabe par rapport à la Libye a été, dès le début, plus sévère qu'avec la Syrie. 

Ce qui ne veut pas dire que le rôle de la Belgique doit s'arrêter là, au contraire, "il faut convaincre les pays arabes de se positionner par rapport à la Syrie". Et d'affirmer qu'il a lui-même invité des ambassadeurs des pays arabes à Bruxelles pour leur dire que cette différence de traitement entre la Syrie et la Libye était difficilement acceptable. 

Mais selon lui, la situation est en train de changer. "Un certain nombre de pays arabes" sont en train de se positionner contre ce qui se passe en Syrie et il espère que ce qui se passe en Libye aura une influence en Syrie. "Les gens voient que le sens de l'histoire comme pour la Tunisie, comme pour l'Egypte et bientôt la Libye, on ne peut pas s'y opposer éternellement". 

Parallèlement, Steven Vanackere a également évoqué la situation en Israël. Il a, dit-il, avoir récemment rencontré Avigdor Lieberman, le chef de la diplomatie israélienne, à qui il a dit "que le temps ne joue pas en faveur de ceux qui bloquent toute situation" et qu'il fallait "comprendre qu'une solution est nécessaire". 

Sur l'intervention militaire belge 

Concernant, l'intervention militaire belge en Libye, elle n'est pas totalement terminée. Le ministre des Affaires étrangères a expliqué que le retour des F-16 belges ne se feraient pas tout de suite puisque la situation n'était pas encore totalement stabilisée. 

Quant à savoir si la Belgique interviendra encore éventuellement en Syrie ou dans d'autres pays, il répond : "On ne peut pas être présent partout, tout le monde comprendra que ce n'est pas à la Belgique de venir au secours de tout le monde" même si notre pays continuera à s'inscrire dans le cadre de la solidarité internationale, mais "dans la mesure de ses moyens".  

C. Biourge
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