Le prince Laurent collectionne les "casseroles"

Le prince Laurent
Le prince Laurent - © Olivier Matthys

Le prince Laurent a toujours été un trublion dans l'institution monarchique. Excès de vitesse, excès tout court, il a collectionné les polémiques. Voici un rappel non exhaustif des "affaires" qui ont émaillé son parcours. Et entaché son image.

"Il a reçu la même formation que son frère et sa soeur mais s'est rebellé très tôt dans sa jeunesse contre toute forme de paternalisme émanant de ses parents ou de son oncle Baudouin", écrit le spécialiste de la monarchie Jan van den Berghe dans un de ses ouvrages. Et il n'y a visiblement pas qu'avec le "paternalisme" que le prince Laurent a des problèmes si l'on en juge par le nombre de polémiques à la base de laquelle il s'est déjà retrouvé.

Le prince Laurent côté chauffard

En mai 2002, Laurent est au volant d'une puissante Mercedes de 360 cv. Selon la version rapportée par La Dernière Heure, à un feu rouge, le Prince démarre en trombe sans attendre le vert et dépasse en klaxonant la voiture qui le précède. Le tout en mordant sur la bande réservée aux véhicules venant en contre-sens. 
La voiture doublée s'avère être un véhicule de police banalisé. La Mercedes est prise en chasse. Intercepté, le Prince redémarre en trombe avant d'être à nouveau stoppé plus loin. 
Résultat des courses, un PV chargé pour vitesse non adaptée, feu rouge brûlé, dépassement non autorisé, changement de direction sans avoir fait fonctionner le feu indicateur, non port de la ceinture de sécurité, usage intempestif de l'avertisseur sonore et emploi non permis d'un feu antibrouillard. La transaction es fixée à 485,7€ par le Procureur du Roi.

En 1999, il monte sur un trottoir à bord d'une Ferrari pour effectuer un dépassement. 175€ d'amendes pour trois infractions au code de la route. La même année, toujours au volant de son italienne, il est flashé à 146km/h sur une artère limitée à 50km/h. 416€ d'amendes.
En septembre 2000, il est à nouveau surpris par des gendarmes alors qu'il roule à 190 km/h sur une autoroute. L'arme du délit est cette fois une Subaru Impreza. 
Lorsqu'en février dernier, il est flashé par la police locale de Bruxelles Capitale-Ixelles alors qu'il roulait avec une Fiat Punto Abarth à du 82 km/h sur une chaussée où la vitesse est limitée à 50 km/h, son permis de conduire lui est retiré.

Le prince Laurent côté Villa Clémentine

Lors du procès dit des fraudes à la Marine, le prince Laurent est cité comme témoin et est entendu à ce titre à l'occasion d'une audience hypermédiatisée. Une première en Belgique.
Ce procès qui se tient en janvier 2007 porte sur des détournements de fonds estimés à 2,5 millions d'euros au préjudice de la Marine, rappelle La Libre Belgique. L'ancien conseiller du prince Laurent, le colonel Noël Vaessen compte parmi les condamnés. Avant le procès, Noël Vaessen avait révélé à la presse qu'une partie de l'argent détourné avait servi pour des travaux dans la villa du prince Laurent, la Villa Clémentine. 

Le tribunal conclut que certaines des fausses factures ont bel et bien servi à des aménagements à la villa du prince Laurent. 
Le fils cadet d'Albert II avait d'ailleurs reconnu être informé que sa résidence avait été restaurée avec de l'argent de la Marine. Cependant, il a affirmé ne pas être au courant de l'origine frauduleuse de l'argent. Et ce, contrairement à ce qu’affirmait Noël Vaessen et deux autres inculpés dans l’affaire. Selon ces derniers, "le Prince savait que la Marine avait payé les travaux d'aménagement de la Villa Clémentine. Il connaissait donc aussi l'origine de l'argent".

En outre, la fondation Prince Laurent se trouve elle-même éclaboussée par le scandale. Le tribunal relève en effet que des fournitures pour la fondation ont été acquises à hauteur de 37 500 euros via le système frauduleux mis en place dans cette affaire.

Le Prince a été blanchi dans cette affaire mais les répliques de ce petit séisme judiciaire allaient encore se faire sentir.


Le prince Laurent côté IRGT

Pour rappel, l'institut royal pour la gestion durable des ressources naturelles et la promotion des technologies (IRGT) avait été créée en 1994. Laurent devient le président de cet organisme mis sur pied "surtout pour fournir un revenu à Laurent qui, à l'époque, ne bénéficiait pas d'une dotation", selon le site de l'hebdomadaire TéléMoustique.
Le but est atteint puisque, rappelle l'hebdo, à "raison de 13 salaires par an, l'IRGT versait 320 000 euros chaque année à son président. L'équivalent de 80 % des subventions accordées à cette ASBL servait donc aux émoluments" du Prince.

Dès l'instauration de la dotation en 2000, Laurent ne touchera toutefois plus d'argent pour son mandat à la tête de l'IRGT.
Mais l'affaire de la Villa Clémentine va avoir des répercussions sur l'Institut. La réputation de Laurent ternie, l'asbl en pâtit. Les Régions réduisent leurs subsides de deux tiers dès 2007, les sponsors sont échaudés. L’IRGT est au bord de l'asphyxie financière. Et lorsqu'en 2008, le tribunal du travail la condamne à payer des indemnités de licenciement à son ex-directeur Jacques Wirtgen, l'IRGT semble condamnée.
C'est dès lors sans surprise que l'institut est dissoute par son assemblée générale en septembre 2009.

Le Prince côté business class

En février dernier, des témoignages anonymes d'employés de Brussels Airlines font état de deux incidents, au moins, impliquant le Prince. Au cours de ceux-ci, Laurent aurait refusé de s'asseoir en classe économique et exigé d'être installé en business class. Cela alors qu'il n'avait qu'un billet économique.

En outre, on apprenait, dans un reportage de la RTBF, qu'une fois à bord, le prince Laurent part visiblement du principe qu'il ne doit pas payer ses consommations.

Le Prince côté République démocratique du Congo

Le voyage controversé du Prince en RDC n'est donc que le dernier épisode d'une saga déjà bien fournie.
En se déplaçant au Congo pour une visite privée, contre l'avis explicite du gouvernement et malgré les avertissements de celui-ci, le prince Laurent relance involontairement le débat sur sa dotation. Qui s'élevait en 2010 à 311 000 euros.

Julien Vlassenbroek


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