Le prince Amedeo est privé de trône pour cause de mariage

Mariage du prince Amedeo Rome 5 juillet 2014
Mariage du prince Amedeo Rome 5 juillet 2014 - © BENOIT DOPPAGNE - BELGA

Le prince Amedeo n'a plus droit au trône. Pourquoi ? Parce que le fils de la princesse Astrid de Belgique s'est marié sans l'autorisation du Roi. Conséquence : il a perdu sa place dans l'ordre de succession.

La règle peut sembler un peu désuète, "poussiéreuse" mais c'est ainsi. Article 85 de la Constitution belge : "Sera déchu de ses droits à la Couronne, le descendant, qui se serait marié sans le consentement du Roi ou de ceux qui, à son défaut, exercent ses pouvoirs dans les cas prévus par la Constitution". Déchéance donc qui signifie retrait de l'ordre normal de succession. Un article introduit à la demande de Léopold II soucieux de pouvoir contrôler sa progéniture (ses filles) et le prince héritier.

Retour donc à Amedeo. A 29 ans, le fils aîné d'Astrid et de l'archiduc Lorenz était 6ème dans l'ordre de succession après Élisabeth, Gabriel, Emmanuel, Éléonore - soit les enfants du roi Philippe et de la Reine Mathilde -, et après Astrid sa mère. Amedeo qui a épousé le 5 juillet 2014 Lili Rosbosch von Wolkenstein. Un mariage précisément conclu sans demander et donc sans obtenir l'autorisation du Roi Philippe - qui était pourtant bien présent à la noce à Rome l'été dernier, comme toute la famille royale d'ailleurs. En fait, Amedeo l'aurait fait volontairement, voulant par là arracher la possibilité d'une vie indépendante, libre de tout rôle officiel, ce que l'on confirme du côté du Palais. Vincent Dujardin, historien et spécialiste de la monarchie : "Mais en fait pour Amedeo, cela ne change pas grand chose dans le sens où il n'avait pas de devoir particulier ou de contraintes, il ne bénéficiait pas de dotation,; il n'avait pas de tâches de représentation, on ne l'avait d'ailleurs pas vu ces deux dernières années dans la tribune officielle lors des défilés du 21 juillet. Il avait donc déjà une activité assez libre. Mais c'est sans doute aussi pour marquer davantage le souhait de pouvoir exercer une activité professionnelle (chez McKinsey) en toute liberté".     

Avec un ordre de succession qu'Amedeo pourrait tout aussi bien réintégrer, si nécessaire. "S'il devait arriver une tragédie, s'il devait y avoir un accident majeur, explique Vincent Dujardin, on peut toujours voter la réintégration dans l'ordre de succession, mais alors il faut un vote des Chambres réunies". Ce que précise aussi le fameux article 85 de la Constitution. Reste qu'a priori Amedeo a de toutes façons peu de chances de devoir, un jour, monter sur le trône. Autant d'éléments déjà soulevés le lendemain même du mariage d'Amedeo mais qui reviennent "à la une" suite à un article sur le site du magazine people Story...   

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