Le premier défi, ce sont les populistes et les extrémistes, selon G.L.Bouchez à l’occasion des 175 ans du Parti Libéral

Les libéraux étaient réunis à l’Hôtel de ville de Bruxelles ce lundi à l’occasion des 175 ans du Parti libéral. L’occasion pour le Président du MR, Georges-Louis Bouchez de faire le point sur les enjeux actuels du libéralisme et les valeurs de celui-ci. L’un des enjeux principaux, que pointe aussi son alter ego de l’Open-VLD, Egbert Lachaert, c’est la montée de l’extrémisme et du populisme.

Alors qu’il y a 175 ans, le Parti libéral voyait le jour, lorsqu’on demande au Président du MR, Georges-Louis Bouchez quels sont les défis actuels de son parti, il évoque d’abord la "montée des populismes et des extrémismes", "un peu partout en Europe". Pour lui, le premier défi est de "préserver la démocratie libérale". Pour cela, il faut, selon lui, "répondre au défi social et au défi fiscal pour plus de justice en la matière".

Par rapport au populisme et à l’extrémisme, le Président du MR explique que la crainte "n’est pas électorale". Il n’a "pas peur du PTB ou du Belang pour des raisons électorales". Ce qui le préoccupe, "c’est qu’on joue sur les peurs des gens""On a des partis qui ne veulent pas aller au pouvoir, mais qui veulent juste mettre par terre tout un modèle qui a montré ses bienfaits en matière de développement et de bien-être", explique Georges-Louis Bouchez.

Dans son discours, le dirigeant des libéraux francophones a visé aussi bien l’extrémisme de gauche que l’extrémisme de droite. Il a regretté à cet égard une tendance dans le débat public à apprécier différemment l’un et l’autre, et accorder un plus grand degré de gravité au deuxième au nom de son racisme.

"Lorsque l’extrême droite remet en cause certaines libertés, nous la combattons avec autant de force que ceux qui remettent en cause la liberté d’expression ou de propriété".

Présent également aux 175 ans du Parti libéral, Egbert Lachaert, le Président de l’Open-Vld, l’autre héritier du Parti libéral, est revenu sur les différences entre le MR et l’Open-VLD. À l’entendre, si les combats sont les mêmes, les accents sont différents en Flandre et dans la partie francophone du pays. "Ce fut une période difficile pour nous : nous devions restreindre des libertés, mais nous ne pouvions pas faire autrement pour préserver la santé et la vie de tous", a-t-il expliqué en marge des discours officiels. "Nos adversaires essaient de nous avoir là-dessus et de capter cette philosophie de la liberté, mais ils n’ont pas compris que la liberté a deux faces, et qu’elle repose aussi sur le souci des autres. Ça, ils ne le voient pas", a-t-il déclaré. Au nord du pays, l’Open-Vld est plus confronté à la montée de l’extrême droite qu’à celle du PTB/PVdA. "Il n’y a pas de grandes différences sur les principes, par contre, les partis sont dans des paysages politiques différents", analyse Egbert Lachaert qui estime qu’il y a plus de concurrence entre partis en Flandre. "Du côté francophone, je pense que les anciennes idéologies sont plus visibles que du côté flamand", ajoute-t-il.

"En Flandre, notre grande crainte, c’est quand même l’extrême droite. L’extrême gauche, c’est autre chose", estime Egbert Lachaert.

Le président de l’Open Vld cite parmi ces adversaires le Vlaams Belang mais également la N-VA, partenaire de coalition au Parlement flamand. "Je les vois au Vlaams Belang et à la N-VA. Pour le Vlaams Belang, par exemple, la liberté c’est pour le Flamand, homme blanc, mais pas pour les autres. Ce n’est pas notre idée", a-t-il souligné.

Invité de la réception officielle organisée par le MR et l’Open Vld, le président du Conseil européen et ex-Premier ministre, Charles Michel, a lui aussi mis en garde le public contre les menaces qui pesaient sur l’État de droit. "Pendant longtemps, après la Guerre froide, nous avons eu l’impression qu’était consacrée la victoire des sociétés libérales. Ces dernières années, les valeurs de l’État de droit et de la société démocratique sont de plus en plus menacées", a-t-il averti en pointant du doigt les "régimes autoritaires" qui voient le jour "souvent" dans d'"anciens pays communistes".

La question des signes convictionnels

L’autre débat actuel à s’inviter dans les questions à poser lors des 175 ans du Parti libéral concerne les signes convictionnels.

Tout récemment, la question des signes convictionnels a surgi après la condamnation de la STIB dans un dossier d’embauche. Le politique a été contraint de s’emparer de la question pour tenter de la tranche au niveau du gouvernement bruxellois.

Pendant ce temps, au fédéral, c’est la désignation d’une commissaire du gouvernement voilée qui a relancé le débat. Pour le MR et son Président Georges-Louis Bouchez, cela posait un problème pour la neutralité de l’Etat. Le fait qu’un Président de parti et le ministre qui représente ce parti au gouvernement fédéral soient en désaccord avec une décision du gouvernement a suscité le débat à la Chambre. Le Premier ministre a même dû venir s’expliquer. Pour Georges-Louis Bouchez, le MR est dans son rôle dans ce cas-là. "On ne fragilise jamais un gouvernement quand on défend ses convictions", estime Georges-Louis Bouchez. "Les Libéraux, depuis la création du parti se sont battus pour la sécularisation de la société. Cela veut dire qu’il y a la liberté religieuse pour les individus, mais l’Etat, qui est l’arbitre, qui est neutre, doit aussi, au niveau de ses agents, montrer cette neutralité".

Et pour le président du MR, ce n’est pas son parti qui a amené sur la table ce débat sur les signes convictionnels, mais Ecolo. Sur la question du voile et des signes convictionnels, il n’y a, pour Georges-Louis Bouchez, "rien dans l’accord de gouvernement". Il rappelle que, du côté libéral, "nous ne sommes jamais revenus sur un accord de gouvernement", mais "pour le reste, nous sommes un parti autonome et on compte bien le faire savoir", ajoute Georges-Louis Bouchez.

Georges-Louis Bouchez, invité de Matin Première du 07/06/2021:

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