Le poids de la franc-maçonnerie sur la politique est un "fantasme"

Le poids de la franc-maçonnerie sur la politique est un "fantasme"
Le poids de la franc-maçonnerie sur la politique est un "fantasme" - © Tous droits réservés

Le gouvernement va-t-il faire marche arrière sur le projet de loi des visites domiciliaires, qui doit permettre l'interpellation d'illégaux à leur domicile ? Une loge maçonnique a envoyé une lettre à certains députés, les invitant à faire barrage à ce texte. Mais quelle est réellement la voix de la franc-maçonnerie en Belgique ? Et quel est le pouvoir des loges dans notre société ? Henri Charpentier, grand maître du Grand Orient de Belgique, la plus grande obédience du pays, est l'invité de Matin Première. 

Il aurait été plus opportun de rédiger une carte blanche

Henri Charpentier approuve le fond de la démarche de la loge maçonnique "Chaos" [qui a envoyé la lettre], mais pas la forme. "Je pense que dans la démarche, il y a une erreur de cibleIl aurait été plus opportun de rédiger une carte blanche et s'adresser à tous les parlementaires," dit-il.

Selon lui, l'influence de la franc-maçonnerie en Belgique est à relativiser. "Nous n'avons pas cette culture de l'intervention auprès des parlements", affirme Henri Charpentier. "Ce qui n'empêche pas chaque franc-maçon d'avoir ses valeurs et ses références. Un franc-maçon, c'est avant tout un citoyen, une personne d'idéal qui s'investit dans la société civile." "Mais la communication", dit-il, "n'est pas dirigée vers le monde politique en tant que tel." 

Nous ne sommes plus au 19e siècle

Croire que la franc-maçonnerie pèse encore lourdement sur le monde politique est, dit-il, "un fantasme". "Nous ne sommes plus au 19e siècle. A cette époque, les grands projets de société ont été élaborés dans les loges. Mais le suffrage universel est passé par là".

Certains politiques - comme Christine Defraigne (MR) - ont toutefois fait part de leurs doutes quant au projet de loi des visites domiciliaires. N'est-ce pas la preuve d'une influence certaine? Non, assure Henri Carpentier, "un parlementaire franc-maçon a sa liberté et sa conscience." Par ailleurs, ajoute-t-il, "je ne sais pas si les parlementaires ont besoin qu'on leur rappelle les valeurs auxquels ils sont attachés. Mais à partir d'un moment où on met un coup d'éclairage sur un point particulier, en disant qu'il y a un risque liberticide dans un projet de loi particulier, les parlementaires peuvent être sensibilisés". 

Pourquoi cultiver le secret? "La franc-maçonnerie n'est pas secrète, mais discrète", commente Henri Carpentier. De cette façon, "un parlementaire qui est en loge, ne craint pas d'exprimer des opinions qui, prononcés dans un milieu profane, pourrait être interprétés. " 

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