Le Plan de relance européen : 5 points pour comprendre la copie belge

Ce vendredi, le Conseil des ministres s'est réuni pour approuver le Plan national, soit l’ensemble des projets que les entités belges présentent à la Commission européenne pour bénéficier des fonds du Plan de relance européen. Ce sont près de 6 milliards d’euros que le Fédéral, Bruxelles, la Wallonie et la Flandre se partageront.

Le Plan de relance européen, qu’est-ce que c’est ?

Devant le constat que l’économie des pays européens a été touchée par la crise engendrée par l’épidémie de Coronavirus, l’Union européenne a lancé un vaste plan, le PRR, Plan pour la Reprise et la Résilience. L’Europe injectera ainsi 750 milliards dans l’économie des Etats membres. Une part du gâteau a été prévue pour chaque Etat membre. A charge pour ces Etats de soumettre à l’Europe des projets qui rentrent dans le cahier des charges. L’Union européenne a choisi de cibler les investissements dans la recherche et l’innovation, les transitions énergétiques et numériques, l’inclusion sociale, l’emploi, la biodiversité, par exemple.

Combien pour la Belgique ?

La Belgique doit recevoir 5,926 milliards d’euros dans le cadre de ce Plan de relance. Cette manne financière a été répartie entre l’Etat fédéral belge et les entités fédérées. Le gouvernement fédéral recevra 1,25 milliard. La région flamande héritera de 2,255 milliards. La Wallonie percevra 1,48 milliard, la Fédération Wallonie-Bruxelles, 495 millions, la région bruxelloise, 395 millions et les germanophones, 50 millions d’euros. Près de 65% des 5,926 milliards que recevra la Belgique devraient être injectés dans des projets d’ici la fin 2023.

Quels projets seront financés en Belgique ?

L’Etat fédéral et chacune des entités fédérées ont établi leurs listes de projets pour lesquelles ils sollicitent des fonds européens du Plan de relance. Au total, la Belgique souhaite obtenir des fonds européens pour financer 85 projets.

Du côté Fédéral, on prévoit, par exemple, de construire une île énergétique en mer du Nord pour faire de la Belgique une référence dans l’éolien offshore et améliorer la production et surtout la circulation de l’énergie verte. On prévoit aussi de développer un réseau de transport de l’hydrogène. La transformation numérique, la digitalisation des services publics, la cybersécurité ont aussi leur place dans le plan. Le rail belge sera aussi le grand bénéficiaire de ce plan de relance. Plus de 300 millions devraient lui être consacrés pour améliorer la mobilité des personnes, mais aussi le transport de marchandises. On veut doubler la capacité ferroviaire d’ici 2030. Il est aussi question du développement de centrales électriques au gaz. La Fédération Wallonie-Bruxelles consacrera une partie des fonds européens à la rénovation énergétique des bâtiments, notamment les bâtiments scolaires.

Du côté de la Région Wallonne, il est aussi question rénovation de bâtiments. On a aussi rentré des projets en matière de transition numérique, des projets pour une mobilité et des transports plus propres, des projets tournés vers l’efficience énergétique et l’innovation technologique. La Wallonie prévoit aussi la construction de logements durables.

La Région bruxelloise aussi sa liste de projets tournés vers la rénovation de bâtiments, de logements, la digitalisation et la mobilité. La Région bruxelloise prévoit aussi d’investir dans l’amélioration de l’accès au marché de l’emploi pour les publics fragilisés.

La Flandre a rentré des projets pour améliorer la gestion de l’eau, une matière rare au nord du pays. Elle souhaite aussi améliorer l’équipement numérique des écoles.

Autant d’exemples de projets d’investissement qui donnent une idée de ce que les entités belges feront des fonds du Plan de relance européen.

La Commission européenne analysera les 85 projets rentrés par la Belgique. C’est elle qui décidera s’ils sont pertinents ou pas et s’ils rentrent dans le cadre du Plan de relance. Tout n’est donc pas encore gagné.

Quels effets ce plan aura en Belgique ?

On l’a dit, l’objectif du Plan de relance européen est de relancer les économies des Etats membres, touchées par la crise du Covid.

Pour la Belgique, le Bureau fédéral du Plan a mesuré l’impact du Plan de relance. En termes d’emploi, cet impact sera relativement limité. Le Bureau du Plan table sur la création de 3900 emplois.

Le Bureau fédéral du Plan s’attend aussi à ce que le Plan de relance ait un impact sur le PIB de la Belgique. On parle ici d’une augmentation du PIB de 0,14% en moyenne pour toute la période 2021-2026.

Ces chiffres, tant en matière de créations d’emplois qu’en matière d’amélioration du PIB peuvent être qualifiés de modeste. Il faut cependant garder à l’esprit que l’objectif principal du Plan de relance européen est plutôt à moyen et long terme. Il s’agit d’inscrire les économies des Etats membres dans une trajectoire plus vertueuse, plus tournée vers l’avenir et les défis, par exemple de l’énergie, du climat ou encore du digital. On vise aussi à améliorer la productivité de chacun des Etats.

L’Etat belge, les entités fédérées et les pouvoirs locaux mettront la main au portefeuille

Le Plan de relance européen sera aussi accompagné d’un effort des entités belges.

Le gouvernement De Croo s’est fixé comme objectif d’élever les investissements publics à 4% du PIB en 2030. Au total, ce sont environ 13 milliards que la Belgique veut consacrer aux investissements publics. Les 5,9 milliards du Plan de relance européen en couvriront une partie. Le reste sera à aller chercher dans les poches des entités belges. Environ 7,2 milliards supplémentaires devront ainsi être dégagés, l’effort étant à répartir entre le Fédéral, les régions et communautés et les pouvoirs locaux. Pour le Fédéral, cela représentera un effort d’un peu moins d’un milliard et demi d’euros.

La Wallonie complétera l’effort européen avec son plan Get Up Wallonia. La Flandre le fera avec son plan "Vlaamse Veerkracht". Bruxelles devrait aussi s’inscrire dans une logique semblable.

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