Le plan d'action national alcool reste en carafe

L'objectif à présent est d'aboutir à un plan d'action contre l'alcool en mars 2017.
L'objectif à présent est d'aboutir à un plan d'action contre l'alcool en mars 2017. - © Belga

Le gouvernement fédéral et les entités fédérées ont échoué à trouver un accord pour l'adoption d'un nouveau plan d'action national alcool (PANA) pour en réduire la consommation problématique, très coûteuse socialement.

La conférence interministérielle (CIM) sur la santé organisée lundi sur le sujet a débouché, comme redouté, sur une impasse.

"Aucun accord n'a pu être atteint sur un paquet définitif aujourd'hui", a reconnu la ministre fédérale de la Santé, Maggie De Block. "Les discussions vont se poursuivre à court terme pour aboutir à un accord."

L'objectif à présent est d'aboutir lors de la CIM prévue en mars 2017.

Les gouvernements wallon et bruxellois souhaitaient intégrer dans le plan une série de mesure pour réduire la demande (restriction des ventes nocturnes, renforcement des règles de publicité), mais l'Open Vld, auquel appartient la ministre De Block, s'y est opposé.

"Les intérêts économiques à court terme ont été privilégiés aux dépens de l'intérêt général", a dénoncé le ministre wallon de la Santé, Maximé Prévot, à l'issue de la réunion.

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) préconise une action résolue des Etats à la fois sur la demande d'alcool, via la prévention et le traitement, mais aussi sur l'offre d'alcool afin de réduire sa disponibilité. En Belgique, on estime qu'un Belge sur dix a un usage problématique de l'alcool.

Celui-ci serait à l'origine de 6% de décès chez nous (accidents de la route, cancers, ...) et entraînerait nombre d'autres problèmes (violences, binge drinking chez les jeunes, relations sexuelles non protégées, grossesses non désirées, ...).

Le coût social global de l'alcool est ainsi évalué à 4,2 milliards d'euros en Belgique

Selon les experts, la consommation d'alcool est en outre le principal facteur de risque de décès et de maladie chez les adolescents et les jeunes adultes.

Le coût social global de l'alcool est ainsi évalué à 4,2 milliards d'euros en Belgique, soit bien plus que toutes les recettes liées à la vente de spiritueux.

Outre ce plan alcool, les ministres sont également revenus lundi sur l'idée de créer, pour les toxicomanes, des salles de consommation à moindre risques, c'est-à-dire sous supervision de personnel médical pour éviter tout décès par surdose notamment.

L'introduction de pareilles "salles de shoot" nécessite toutefois une modification de la loi. Et le fédéral a réitéré lundi son opposition à tout changement législatif en la matière, jugé non prioritaire.

Les parties sont tout juste tombées d'accord lundi pour mener une étude scientifique sur la faisabilité de pareilles salles, notamment au niveau juridique, organisationnel et budgétaire.

 

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