Le personnel navigant et les pilotes du secteur du transport de passagers inquiets pour leur avenir

Certaines compagnies aériennes ont déposé le bilan, d’autres ont licencié ou annoncé leur volonté de se séparer d’une partie de leur personnel. Une nouvelle crise s’annonce dans le secteur aérien de passagers. "Du côté du fret (transport de marchandises) et du transport aérien privé, on a limité la casse. Pas pour le passager", explique Christophe Verleye vice-président de la BeCA (Belgian Cockpit Association).

L’angoisse des candidats au poste de pilote de ligne

Ciham rêve de devenir pilote. Il étudie depuis deux ans à l’Air Academy New CAG à Charleroi. Il ne lui reste que 6 mois de cours pour tenter, ensuite, d’obtenir sa licence. Mais aujourd’hui son stress est double : "Moi, j’ai dû faire un emprunt. Je me pose la question de comment je vais m’y prendre pour rembourser cet emprunt. C’est stressant car d’après les spécialistes, les recrutements ne reprendront pas avant deux ans. Donc, je risque de terminer ma formation sans avoir de perspectives pour le futur", conclut amer Ciham Tas, étudiant.

Le directeur de l’école de pilotage se veut serein pour l’avenir malgré les difficultés actuelles. Pour lui, le secteur aérien de passagers s’en remettra, comme cela fut le cas après les attentats terroristes de 2001 et la crise financière de 2008. "Cette crise touche l’aviation de plein fouet. Que ce soit le personnel au sol, les bagagistes, les hôtesses de l’air et stewards ainsi que les pilotes. Ici à Charleroi, les vols ont repris en mai. Les cours des jeunes pilotes ont pu continuer en ligne pour le volet théorique mais pour le volet pratique ils ont dû être arrêtés. Je pense que la crise va durer un an et demi voire deux ans. Mais le secteur finira par se remettre à flot", conclut Denis Petitfrère directeur de l’Air Academy New. CAG.

Des personnes travaillant à l’étranger sur le carreau

De nombreux pilotes, hôtesses ou stewards nous ont confirmé avoir été licenciés. Et ce du jour au lendemain par des compagnies étrangères. Mais aucun n’a souhaité s’exprimer. Ils craignent les répercussions car leur futur dans l’aviation est aujourd’hui entre parenthèses.

"Effectivement, il y a des situations diverses. La BeCA s’occupe de représenter 800 pilotes en Belgique. Nous avons entendu que certains collègues avaient été remerciés par des compagnies étrangères. Ici en Belgique, les pilotes et le personnel navigant ont pu bénéficier du chômage temporaire et de certaines aides. Ce qui n’est pas le cas à l’étranger", explique Christophe Verleye de la Belgian Cockpit Association.

Et en effet, certains pilotes nous ont avoué anonymement se retrouver aujourd’hui sans revenus. Ils travaillaient pour des compagnies basées au Moyen-Orient ou en Asie.

Des annonces de licenciements en Belgique

Chez nous, Brussels Airlines et Ryanair ont annoncé leur intention de se séparer d’une partie de leur personnel. Actuellement, aucune personne n’a été licenciée. La BeCA, la Belgian Cockpit Association, plaide pour sauver chaque emploi en répartissant le temps de travail entre les pilotes.

"On peut garder tout le monde. Il y a des aides en Belgique. Le droit du travail peut permettre de ne pas licencier. La proposition est d’avoir recours au chômage temporaire et que chaque pilote réduise son temps de travail. Ce qui permettrait aux compagnies de ne pas devoir former à nouveau du personnel dans un an quand tous les vols auront repris", conclut Christophe Verleye vice-président de la BeCA.

Deux bonnes nouvelles néanmoins dans la "grisaille" du ciel belge. Les secteurs du transport de marchandise et l’aviation privée ont tiré leur épingle du jeu pendant cette crise en Belgique.

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