Eurodéputés et politiques déçus des réponses fournies par Mark Zuckerberg durant son audition

De gauche à droite : Phillipe Lamberts, Philippe De Backer et Guy Verhofstadt.
De gauche à droite : Phillipe Lamberts, Philippe De Backer et Guy Verhofstadt. - © Tous droits réservés

Guy Verhofstadt et Philippe Lamberts, les deux eurodéputés belges qui ont participé mardi en fin de journée l'audition du patron de Facebook au Parlement européen, se sont montrés parmi les plus acerbes à l'issue de l'audition.

Sans surprise, le format de la réunion concoctée par le président du parlement Antonio Tajani, une heure et demie à peine, a été une une nouvelle fois critiqué.

"Ce format a permis à Mark Zuckerberg d'éviter nos questions. Si les réponses écrites qui nous ont été promises ne vont pas dans le détail, les autorités européennes anti-trust doivent être activées et la législation aiguisée", a réagi l'ancien Premier ministre belge, chef du groupe libéral au parlement européen.

Je suis déçu, mais je m'y attendais

Guy Verhofstadt n'a pas reçu de réponse par exemple à son interpellation sur la question des compensations des utilisateurs de Facebook dont les données ont été détournées, ou du transfert hors UE de données européennes de citoyens non-Européens, ni sur la manière dont des dizaines de milliers d'employés de Facebook décident de ce qui relève d'une désinformation, une tâche qui selon lui doit revenir aux autorités publiques.

"Je suis déçu, mais je m'y attendais", a confirmé pour sa part Philippe Lamberts, chef du groupe des Verts-ALE. Il pointe du doigt l'opportunité offerte par Tajani à Zuckerberg de fournir une réponse groupée aux questions des députés et d'ainsi "noyer le poisson" en évitant de devoir livrer des engagements datés et chiffrés.

Quant à la promesse de l'Américain de répondre à toutes les questions par écrit, "j'y croirai quand je le verrai, mais j'avais déjà fourni mes questions précises aux services de Mark Zuckerberg, et ce dernier a choisi de les ignorer superbement. Nous sommes nombreux à avoir été traités de manière cavalière, ce qui ne nous rend pas M. Zuckerberg plus sympathique".

Philippe De Backer, pas davantage satisfait

Le secrétaire d'État à la Protection de la vie privée, Philippe De Backer, a exprimé mardi sa déception après l'audition du patron de Facebook, Mark Zuckerberg, devant le parlement européen.

"Il a tourné autour du pot", a-t-il affirmé."Nous n'avons reçu aucune réponse à la question de savoir ce qui se passe avec toutes ces données reçues par Facebook sans autorisation. On ne sait pas clairement si Cambridge Analytica est le seul cas du genre qui s'est produit. Et on ne sait pas clairement non plus ce que fait Facebook pour empêcher ça", a ajouté Philippe De Backer.

Selon le secrétaire d'État, Facebook est une "boîte de Pandore". "Les entreprises de technologie ne peuvent pas devenir les arbitres de ce que nous pensons", a-t-il encore dit, estimant qu'il fallait contraindre ces entreprises à la transparence.

Audition Zuckerberg au JT du 22/05

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