Le parlement soutient une éventuelle participation belge à une intervention en Libye

Steven Vanackere, Yves Leterme et Pieter De Crem
Steven Vanackere, Yves Leterme et Pieter De Crem - © Belga

La Belgique s'est résolument engagée vendredi, avec un large soutien du parlement, à participer à d'éventuelles opérations militaires en Libye contre les troupes du colonel Mouammar Kadhafi et pour faire respecter l'embargo décrété contre le régime de Tripoli, vraisemblablement dans le cadre de l'OTAN.

Aucune demande formelle ne lui a encore été adressée, ont toutefois souligné plusieurs ministres venus dans l'après-midi expliquer les décisions prises en matinée par le gouvernement en affaires courantes devant les commissions des affaires étrangères et de la défense de la Chambre, réunies en urgence.

Les demandes concrètes sont attendues durant le week-end, lorsque l'OTAN - qui a décidé pour sa part d'accélérer la planification militaire en vue d'une éventuelle participation à l'intervention internationale en Libye - passera samedi à la phase suivante, celle de la génération de force (la mise sur pied d'une force opérationnelle), a laissé entendre le ministre de la Défense, Pieter De Crem (CD&V) lors du débat.

La concrétisation de la participation belge aux opérations militaires en Libye sera décidée dans les prochaines heures, a indiqué le Premier ministre Yves Leterme, quelques heures après l'adoption de la résolution 1973 qui approuve le recours à la force contre le régime libyen.

Quatre F-16 et un navire

Pieter De Crem a toutefois détaillé les moyens militaires qui pourraient être engagés pour faire respecter une interdiction de survol destinée à protéger les civils et l'embargo sur les armes décrété contre Tripoli.

Il s'agit de quatre des six chasseurs-bombardiers F-16 actuellement affectés à la force de réaction rapide de l'OTAN, la "NATO Response Force" (NRF), ainsi qu'un bâtiment de la Marine.

Ce navire pourrait être soit une frégate, soit un chasseur de mines, dont un exemplaire, le "Narcis", se trouve déjà en mer Méditerranée dans le cadre de la flottille de l'OTAN "Standing NATO Response Force MCM (Mine Countermeasures) Group 1", le SNMCMG1, une unité de lutte contre les mines que les ministres de la Défense alliés ont décidé la semaine dernière de déplacer vers le centre de la Méditerranée pour surveiller la situation en Libye.

L'OTAN est disposée à autoriser les Etats membres à "sortir" de la NRF les moyens engagés dans une opération militaire en Libye, a ajouté Pieter De Crem.

Unanimité

Dans une résolution adoptée à l'unanimité, majorité et opposition sortantes confondues, les parlementaires ont approuvé cet engagement belge dans une éventuelle opération militaire pour mettre en oeuvre la résolution du Conseil de sécurité de l'ONU prévoyant la création d'une zone d'exclusion aérienne et autorisant le recours à la force en Libye.

Selon ce texte, la Chambre "invite le gouvernement à collaborer activement à la mise en oeuvre de la résolution (1973) du Conseil de sécurité", votée jeudi soir par dix de ses quinze membres.

Les députés expriment également leur "soutien à une participation du gouvernement belge à une action en conformité avec le mandat du Conseil de sécurité". Ils demandent enfin au gouvernement "de tenir le parlement informé de la contribution concrète de la Belgique" à cette opération.

"Vous avez le soutien du parlement", avait d'emblée lancé le député Patrick Moriau (PS) à l'adresse des trois ministres - le chef du gouvernement Yves Leterme, flanqué des titulaires des portefeuilles des Affaires étrangères et de la Défense, Steven Vanackere et Pieter De Crem (tous trois CD&V).

Le chef de groupe MR, Daniel Bacquelaine, a pour sa part souligné qu'il était essentiel que la Belgique soit "en première ligne". Son homologue pour les socialistes flamands, Dirk Van Der Maelen, a quant à lui mis le gouvernement en garde contre une opération "risquée et dangereuse" en s'interrogeant sur ses objectifs.

Lors du débat, plusieurs députés, mais également Pieter De Crem, ont souligné que l'instauration d'une zone d'exclusion aérienne était en effet une action offensive, qui passe par l'élimination des défenses anti-aériennes libyennes et l'interception des avions libyens. Certains, comme le député Theo Francken (N-VA), ont clairement parlé de "guerre" lancée contre le régime du colonel Kadhafi.

Belga

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