Le Parlement planche sur un "service garanti" à la SNCB

Quatre scenarii sont envisagés
Quatre scenarii sont envisagés - © RTBF

C'est sur fond de climat social tendu que le Parlement a entamé ce mardi un débat sur le service minimum en cas de grève à la SNCB. La commission Infrastructures de la Chambre a entendu, dans la matinée, 3 responsables de la SNCB, d'Infrabel et de HR-Rail, venus évoquer 4 scenarii possibles d'exploitation limitée du rail en cas de grève, avec recours à du personnel volontaire. Une présentation purement technique pour le moment.

C'est en fait à la demande express du gouvernement fédéral - c'est d'ailleurs inscrit noir sur blanc dans l'accord de gouvernement Michel d'octobre 2014 - que la direction du rail planche depuis plus d'un an sur des hypothèses de fonctionnement de nos chemins de fer en cas de grève. Avec une précaution oratoire: si la concertation sociale direction-syndicats sur le sujet ne devait pas aboutir, il appartiendra au gouvernement de trancher. Résultats: la direction du rail a imaginé des alternatives. Avec un postulat de départ: les plans reposent sur la sécurité d'exploitation, sécurité des voyageurs et des travailleurs. Ils doivent être simples, facilement communicables au public. L'offre sera forcément limitée, fixée à l'avance, sans improvisation, selon un personnel disponible (et du matériel disponible) et connu lui aussi à l'avance.

Quatre scenarii

Quatre scenarii au final que sont venus répéter ce mardi matin, devant les parlementaires, Etienne de Ganck, Directeur général Transport SNCB, Jan de Geiselaer, General Manager Center of Expertise HR Rail et Ann Billiau, Directeur général Traffic Management Infrabel. Quatre plans avec plus ou moins de trains, de personnel nécessaire, conducteurs de train, accompagnateurs, techniciens, cabines de signalisation, dispatching etc. Avec tantôt seuls les grands axes desservis, tantôt tout le pays, en heure de pointe uniquement ou en service plus élargi. De quoi monter jusqu'à assurer au maximum un aller-retour à 216 000 voyageurs, soit la moitié du service normal quotidien en jour ouvrable. Sachant qu'en jour ouvrable normal, SNCB et Infrabel contribuent à assurer 1 487 361 places assises, font circuler 3500 trains, mobilisent plus de 11 000 membres du personnel, et permettent à 400 000 voyageurs de faire des allers-retours... Quatre projets reposant sur le seul volontariat, avec un personnel censé dire s'il va travailler ou non 72 heures avant la grève. Sans réquisitions donc. Ce qui a fait dire ce mardi à l'un des cadres SNCB interrogés que "forcément sans l'aide des syndicats, les plans imaginés ne pouvaient pas être appliqués; même chose si le personnel volontaire n'est pas présent en suffisance". Mais voilà, présentés au Comité de pilotage SNCB en juillet et octobre 2015, ces 4 projets - qu'on se le dise - ont déjà été rejetés par les syndicats en décembre 2015.

Le début du débat

Les auditions du jour ne constituent que le début du débat sur un service minimum - les cadres du rail préfèrent l'appellation plus neutre de "service garanti" - à la SNCB.

Premier acte. Pour l'heure, les députés de la commission Infrastructures se sont limités à des questions d'ordre purement technique: seuls N-VA et MR ont déjà demandé s'il existait des "déclinaisons plus régionales" des scenarii de travail, pointant le caractère très différent de la grève du rail actuelle entre nord et sud du pays. Réponse de la SNCB : il n'existe pas de plans séparés Flandre/Wallonie mais juste des plans pour l'ensemble du territoire... Pour le reste, la vraie foire d'empoigne, plus politique, pour ou contre le service minimum ou service garanti, ce sera pour plus tard...

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