Le parlement de Wallonie à l'arrêt

Votera, votera pas ? Le parlement wallon devait se prononcer aujourd'hui après-midi sur la fameuse réforme des APE (Aides à la promotion de l'emploi). Mais les événements des derniers jours ont rebattu complétement les cartes.

Depuis l'annonce de la députée Patricia Potigny de ne plus siéger sur les bancs réformateurs, la coalition MR-cdH a de facto perdu sa majorité. Une aubaine pour l'opposition qui n'a cessé de critiquer cette réforme.

Les instances de l'assemblée étaient réunies au matin pour discuter de l'ordre du jour de la séance plénière. Et le scénario d'une annulation de la réunion était d'emblée envisagé.

"Ce serait totalement inadmissible ! Nous souhaitons poursuivre les travaux du parlement, dans le respect des différentes forces politiques désormais en présence", avait réagi Pierre-Yves Dermagne, chef de groupe PS. "Il serait inexplicable qu'on empêche les députés de travailler", pour son homologue Ecolo Stéphane Hazée. Traduction: l'(ex-)minorité souhaite profiter des circonstances pour enterrer cette réforme, et d'autres projets qu'elle déplore, comme l'assurance autonomie.

Du côté du gouvernement régional, on se faisait à l'idée. "Nous savons que le temps est désormais compté avant les élections, et que nous éprouverons des difficultés pour faire adopter nos textes", déplore le ministre Jean-Luc Crucke (MR).

La liste Destexhe, elle, a clarifié les positions. Le texte du projet APE ne lui convient pas. Elle considère qu'il n'est qu'une réformette nettement insuffisante. Cependant, les 2 députés concernés ne voteront pas contre: ils s'abstiendront et laisseront donc le passage libre pour une adoption du décret.

A 13 heures, on a compris que ce serait bien le scénario final puisque les instances du Parlement ont finalement décidé de reporter le vote. C'est la seule façon pour la coalition MR-cdH de faire passer son texte puisque tous les membres des deux partis sont requis pour lui donner une majorité. Or, au moins un député de cette "ex-majorité" est en ce moment à l'étranger (Maxime Prévot, cdH).

Cette décision - faut-il le préciser - n'a guère plu aux partis d'opposition. Ils estiment qu'il s'agit d'une manoeuvre scandaleuse qui instrumentalise les outils de la démocratie.

 

 

Newsletter info

Recevez chaque matin l’essentiel de l'actualité.

OK