Greenpeace: "Le risque nucléaire est faible, mais ses conséquences sont gigantesques"

Un plan de prévention nucléaire vient d’être présenté par le gouvernement fédéral. Un plan qui ne rassure guère l’opinion publique. À Votre Avis a ouvert un débat citoyen, ce mercredi soir.

La distribution gratuite de pilules d’iode dès ce mardi et la présentation d’un vaste plan de prévention concernant tout le territoire suscitent l’inquiétude en Belgique. Comment ces pilules peuvent-elles nous aider en cas d’incident nucléaire ? Ce plan veut-il dire qu’un risque imminent existe ? Autant de questions qui ont été soulevées dans notre grand débat hebdomadaire.

Autour de la table, nous recevions Benoît Ramacker, porte-parole du centre de crise national. Damien Thiery, député fédéral MR et Juliette Boulet de l’ONG Greenpeace.

Des citoyens vivant à proximité de centrales nucléaires ont également eu leur mot à dire dans ce débat. L’un d’eux vit à Fleurus, l’autre à Tihange. Un médecin, le docteur Patrick Petrossians, du service d'endocrinologie du CHU de Liège, nous a éclairés sur l’impact du nucléaire sur la santé.

Pour entamer ce débat sur de bonnes bases, Benoît Ramacker a commencé par établir concrètement l'objectif et l'usage des pilules d'iodes. En fonction de l'incident, un conseil de spécialistes prendra, ou non, la décision de donner la directive aux citoyens de prendre ces fameux comprimés. "Il faut le prendre au bon moment, et si c'est nécessaire", martèle-t-il. La population sera avertie via  le service "Be Alert", les médias et différents canaux, le cas échéant. En dehors des zones de dangers, des policiers seront susceptibles d'être envoyés avec des haut-parleurs dans les rues.

Du côté des inquiétudes, l'une d'elles ressort plus que d'autres : ce plan de prévention signifie-t-il qu'un risque imminent existe. "Pas du tout", nous répond le porte-parole qui assure que ce plan existe pour des raisons évidentes de prévention et, qu'en aucun cas, le citoyen n'est sujet à quelque danger que ce soit.

Mais les termes de "microfissures", "risques nucléaires", etc. ne rassurent guère le plus grand nombre quant à la dangerosité de ces centrales. Sur ce point, Damien Thiery tient à préciser que le gouvernement n'a pas pris seul la décision de prolonger ou d'utiliser les centrales nucléaires. "Le comité d'expert que l'État consulte dit clairement que nous pouvons utiliser ces centrales jusque 2022 et 2023. Les choses sont claires, le gouvernement ne fait que suivre l'avis du comité d'experts".

Ce à quoi répond Juliette Boulet, de l'ONG Greenpeace : "Fukushima était l'irréductible, ce pays ou rien ne pouvait arriver. En terme de gestion des catastrophes, le Japon était numéro 1, on a vu ce que ça a donné. La contamination là-bas va subsister encore pour des dizaines d'années. Le risque nucléaire est peut-être faible, mais les conséquences qu'il peut avoir sont gigantesques".

Mais qu'en est-il du risque que la N-VA représente pour le pacte nucléaire? "La N-VA a sa vision", répond le député Thiery. "Ce qui est certain, c'est qu'il y a un accord de gouvernement. Il a été clairement indiqué que nous sortirions du nucléaire pour 2025. Le gouvernement doit respecter cet accord-là".

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