Le nouveau paysage hospitalier, selon Maggie De Block

Le nouveau paysage hospitalier, selon Maggie De Block
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Le nouveau paysage hospitalier, selon Maggie De Block - © LUC CLAESSEN - BELGA

Ce n’était pas un secret, mais voici qu’elle passe à la vitesse supérieure: Maggie De Block veut rationaliser l’offre de soins et réformer le paysage hospitalier belge, pour le transformer en réseaux. C’était d’ailleurs un point qui faisait partie de l’accord de gouvernement, en 2014.

Le cabinet de la ministre de la Santé au fédéral vient donc de mettre au point une nouvelle note conceptuelle sensée encadrer cette future réforme du paysage hospitalier. Voici les enjeux principaux :

Grand chambardement

A l’avenir, il devrait y avoir en Belgique 25 réseaux d’hôpitaux, dans une région comptant à chaque fois 400 000 à 500 000 citoyens. Il n’est pas précisé combien d’hôpitaux doivent participer ensemble à un réseau. Cela variera selon leur capacité. Mais un hôpital général ne pourra faire partie que d’un seul et unique réseau.

Alors on change

Tous les hôpitaux d’un réseau devront conclure des accords pour se répartir les tâches et l’offre médicale entre eux. Exemple: pour investir dans du matériel médical coûteux, il faudra se concerter pour ne pas le faire à plusieurs endroits du réseau,

La création de réseaux hospitaliers implique donc un déplacement d’activités entre hôpitaux. Les hôpitaux individuels vont devoir collaborer pour offrir au patient les soins nécessaires, non pas partout, mais dans une même zone géographique. Notez qu’une zone géographique peut déborder des frontières régionales. 

Chefs de réseau

Les futurs 25 nouveaux "réseaux cliniques locorégionaux" auront un statut juridique, qui sera intégré dans la loi, pour donner force contraignante à ce mode d’organisation. Il y aura donc à chaque fois un conseil d’administration, et un conseil médical de réseau, avec un médecin-chef de réseau.

La note du cabinet De Block tente de rassurer les hôpitaux individuels: "Chaque hôpital gardera sa propre identité, y compris pour les matières sensibles sur le plan éthique".

Il est ce pendant "vivement conseillé d’élaborer un règlement médical commun et un régime financier global au sein d’un réseau".

Collaborer

Les missions spécialisées ne seront plus disponibles dans chaque hôpital du réseau, baptisé "locorégional". Pour certains soins plus rares ou qui nécessitent des infrastructures plus onéreuses, le patient devra même aller plus loin: se déplacer au-delà de son réseau, pour aller dans un autre, car c’est là qu’il y trouvera les soins nécessaires. Dans la réforme, on appelle ça des "missions de soins suprarégionales", comprenez par là qu’il faudra peut-être aller chercher plus loin, ce qu’on avait souvent près de chez soi.

De même, entre hôpitaux universitaires, il va falloir sortir de l’esprit de clocher, et partager le gâteau jalousement gardé. Car il ne sera pas possible d’organiser toutes les missions de soins de référence ou universitaires dans chaque hôpital de ce type.

Faire mieux avec moins?

L’objectif de cette nouvelle organisation: permettre des économies d’échelle, mais aussi d’après le cabinet De Block, offrir une meilleure qualité et plus d’efficacité. La note précise que le financement des hôpitaux sera également revu, dans le sens de la réforme…

Un incitant est prévu pour les "bons" élèves qui créeront un réseau clinique dans les temps: ces hôpitaux recevront une prime de création unique.

Timing

D’ici début 2018, le cabinet De Block entend savoir clairement quels réseaux seront créés ; "s’ils vont tous dans la direction souhaitée et s’ils répondent aux critères fixés". Un appel sera lancé pour inviter le secteur à rédiger ses déclarations d’intentions. Les autorités les évalueront puis les hôpitaux recevront le retour de leurs projets.

Sept réseaux en Wallonie 

L'un des impacts de cette future réforme a attrait à la géographie et à la distance que le patient devra parcourir pour aller se soigner dans un site hospitalier. En Wallonie, par exemple, il nous revient que 7 réseaux cliniques locorégionaux devraient être constitués. Et, non, cela ne se fera pas en fonction des provinces mais plutôt en fonction de la densité de population.

Bref, plus la population d'une zone géographique est dense, plus il y aura de réseaux. Résultats: dans le Hainaut, 3 réseaux sur l'ensemble de la province devraient être créés, 2 en province de Liège et un réseau en province de Luxembourg. En revanche, une partie du Brabant wallon et la province de Namur devraient constituer un seul réseau.  

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