Le non-marchand dans la rue: "Le taxshift doit servir à la création d'emploi"

Le non Marchand réclame le bénéfice du tax shift
Le non Marchand réclame le bénéfice du tax shift - © T.Vangulick

Plus de 300 militants des syndicats du non marchand agissant en front commun se sont rassemblés ce midi à Namur pour aller rencontrer Rudy Demotte ministre président de la Fédération Wallonie Bruxelles, Maxime Prevost, ministre régional de l’action sociale et Eliane Tillieux ministre régionale de l'Emploi. Objectif : obtenir que les exonérations fiscales décidées dans le cadre du taxshift par le gouvernement fédéral servent à créer des emplois et à améliorer les conditions de travail.

Le plus pauvre des secteurs

Le secteur dit du non-marchand rassemble les maisons de repos, les crèches, l'accueil des personnes handicapées et toutes les activités à vocation non marchande. Un secteur sous financé qui a besoin d'urgence d'un refinancement explique Tanguy Cornu co-président de la FGTB Horval : "Le secteur non marchand, depuis plusieurs années maintenant, est le plus pauvre qui existe en Région wallonne et en Belgique. Tout y est bloqué au niveau salarial et au niveau avantages pour les travailleurs. Dans les autres secteurs, il y a eu un saut d’index c’est vrai mais aussi des négociations. Pour le non-marchand, depuis 2012, il n’y a absolument plus rien. Or, le gouvernement fédéral a amené un taxshift. Les employeurs ont eu des moyens supplémentaires et c’est à nous de faire en sorte que cela revienne au travailleur."

Il y a de l'argent

Et de l’argent, il y en a affirment les syndicats : "100 millions d’euros à investir dans la création de 2500 emplois que l’on peut créer tout de suite grâce au Maribel social", relance Patricia Piette, secrétaire nationale CNE. "Jusqu’ici, toutes les exonérations fiscales allaient alimenter un pot commun qui permettait de créer des emplois pour soulager la charge de travail excédentaire, dans les maisons de repos, les crèches, les homes pour personnes handicapées, l’accueil de la jeunesse, etc. Mais avec le taxshift, cet argent restera dans les poches des employeurs.

"Et en plus, les pouvoirs subsidiants vont économiser de l’argent puisque les emplois coûteront moins cher. Cet argent doit aller à la création d’emploi dans un secteur qui doit faire face à de plus en plus d’obligations liées au vieillissement de la population par exemple. On demande donc aux pouvoirs subsidiants de ristourner cet argent pour créer des emplois. Si l’on appliquait cette règle à tout le secteur non-marchand, on pourrait créer 13 000 emplois." conclut Patricia Piette.

Très décevant

Et finalement, les militants syndicaux ont été reçus par les ministres compétents. Mais sans grands résultats fulmine Claire De Pryck, permanente Cne. "C’est la déception. Maxime Prevost, le ministre régional des affaires sociale, nous a répondu qu’il fallait d’abord utiliser cet argent pour assainir le déficit et qu’on verrait s’il reste un résidu pour faire quelque chose. Eliane Tillieux, ministre de l’emploi, elle, ne semble pas décidée à bouger malgré les emplois en jeu. Il y a tout de même Rudy Demotte qui accepte d’ouvrir des négociations en février. C’est très insuffisant. Nous allons très vite revenir les voir mais cette fois, avec beaucoup plus de monde dans la rue ". Promesse partagée par tous les syndicats en front communs. Mais le non-marchand n’a pas dit son dernier mot...

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