Enseignement fondamental: "Les 800 places supplémentaires seront prêtes"

Pas assez de places dans l'enseignement fondamental à Bruxelles
Pas assez de places dans l'enseignement fondamental à Bruxelles - © DIRK WAEM - BELGA

En réponse aux craintes émises par la FAPEO sur le nombre de places disponibles pour la rentrée du fondamental bruxellois, la ministre de l'Enseignement Joëlle Milquet assure que 800 places supplémentaires seront opérationnelles pour la rentrée. A ces places s'ajouteront les places supplémentaires créées directement par les écoles.

"Nous pourrons donc compter pour cette rentrée scolaire sur l'ouverture des 800 nouvelles places à Bruxelles dans le fondamental, au travers de pavillons modulaires mobiles qui sont en cours d'installation et qui seront fonctionnels pour le 31 août 2014, auxquelles s'ajoutent 450 nouvelles places dans le réseau Wallonie-Bruxelles", a souligné Joëlle Milquet.

La ministre se montre rassurante également pour l'avenir. D'ici la prochaine rentrée scolaire, 2400 nouvelles places seront créées dans le fondamental à Bruxelles et 1700 en Wallonie afin de continuer à répondre au boom démographique. La troisième phase qui concerne donc essentiellement la rénovation de bâtiments permettra quant à elle de créer 4407 places dans le fondamental à Bruxelles et 2722 en Wallonie.

"Les démarches en ce sens seront également poursuivies pour répondre au mieux au boom démographique", a précisé la ministre.

Selon ses calculs, entre 2014 et 2017, pour l'enseignement fondamental, c'est un total de 7607 places qui seront créées dans les écoles bruxelloises et 4897 en Wallonie, sans compter celles prévues par le dispositif précédent.

Craintes des parents de l'enseignement officiel

A une semaine de cette rentrée, la Fédération des Associations de Parents de l'Enseignement Officiel (FAPEO) se demandait toutefois si toutes les places promises seront au rendez-vous. "A Bruxelles-Ville, il ne reste plus une place en première maternelle et, pour la première fois, toutes les écoles de la Ville ont dû établir des listes d'attente. A Anderlecht, il y aurait 950 enfants placés sur liste d'attente", détaille notamment la Fédération.

"Les communes bruxelloises les plus touchées par le boom démographique ne peuvent répondre à de nombreuses demandes d'inscription en maternelle et, dans une moindre mesure, en primaire. Les listes d'attente sont figées depuis des mois et les services ne sont pas capables d'assurer aux parents une inscription ferme", ajoute-t-elle.

Demande d'une réunion d'urgence de la Commission de l'Education

Suite au communiqué de la FAPEO,  le MR a réclamé la réunion d'urgence de la Commission de l'Education du parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Les Réformateurs veulent connaître les mesures qu'a prises le gouvernement pour offrir une place à la rentrée à tous les enfants en âge d'obligation scolaire.

"Au-delà du drame scolaire, c'est un véritable drame social qui se joue devant nous." a déclaré la chef de groupe MR, Françoise Bertieaux, dans un communiqué.

Les inquiétudes et revendications du PTB

Pour le PTB, les parents n'ont pas à courir partout. C’est aux pouvoirs publics de garantir une place pour chaque enfant. Cette situation fait bondir Michael Verbauwhede, député régional bruxellois du PTB, qui évoque : " nous sommes tellement loin des promesses faites en période électorale ". Le PTB est encore plus inquiet pour l'avenir vu les coupes budgétaires annoncées dans le budget dans l'enseignement en Fédération Wallonie-Bruxelles. Pour rappel, le Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles déclarait fièrement en avril passé que " le plan d'urgence permettra aux écoles de vivre une rentrée sereine. Chaque élève pourra trouver sa place." Michaël Verbauwhede commente :" 800 places supplémentaires étaient fièrement annoncées pour la rentrée. Aujourd'hui, ces places risquent même de ne pas être opérationnelles. Et quand bien même elles le seraient, cela reste insuffisant pour faire face à l'urgence."

C'est d'autant plus inquiétant que la Fédération-Wallonie-Bruxelles prévoit encore des coupes dans l'enseignement. André Flahaut, nouveau ministre du Budget, annonçait dans L'Écho du 9 août 2014 qu'il faut "trouver 140 millions" dès cette année et dans les années à venir et que " nous nous trouvons devant une situation qui imposera des efforts ". L'enseignement francophone serait touché. Il déclarait par exemple : " Je ne suis pas certain qu'on arrivera à garantir les multiples tranches pour les bâtiments scolaires".

"Pour le PTB, il n'est pas acceptable que certains parents doivent traverser tout Bruxelles pour trouver une place dans une école pour leurs enfants ou qu'ils soient contraints d'arrêter de travailler pour garder leurs enfants.Il faut que les pouvoirs publics prennent leurs responsabilités et garantissent une place dans une école de qualité pour chaque enfant", précise le député bruxellois du PTB. Il faut d'urgence une réponse collective et non pas abandonner les parents à leur propre sort.

Le PTB réaffirme par ailleurs le besoin de refinancer l'enseignement à hauteur de 7% du PIB. À terme, le problème du manque de place ne pourra être réglé qu'avec la création des places manquantes. Et cette création doit aller de pair avec une amélioration qualitative de l'enseignement à Bruxelles. " Plus que jamais, l'école a besoin de plus de moyens, pas de se serrer la ceinture. Une logique tout à fait différente de celle envisagée par les différents gouvernements du pays ", insiste Michaël Verbauwhede.

 


D'après Belga

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