Le nombre d'interruptions volontaires de grossesse est en baisse en Belgique

Le nombre d'interruptions volontaires de grossesse est en baisse en Belgique
Le nombre d'interruptions volontaires de grossesse est en baisse en Belgique - © RTBF

La commission nationale d’évaluation IVG présente ce matin à la Chambre les dernières statistiques dont elle dispose sur les avortements en Belgique. Premier constat, les interruptions volontaires de grossesse sont en recul, leur nombre a baissé de 10% entre 2014 et 2017.

Moins d’avortements chez les jeunes femmes

Au total, en 2017, il y a eu 17.108 avortements en Belgique. La baisse des interruptions volontaires de grossesse concerne surtout les jeunes femmes de 15 à 24 ans mais aussi celles de 15-19 ans. Pour cette tranche d’âge, les IVG sont passées 2.302 IVG en 2012 à 1.544 en 2017. La Commission attribue ce recul à l’accessibilité accrue et au moindre prix des moyens de contraceptions.

Autre enseignement de ce rapport de la commission, c’est à Bruxelles et à Anvers qu’ont lieu la majorité des interruptions. Près de 20% des IVG ont été pratiquées dans la capitale, alors 16% l’ont été à Anvers.

Concernant l’origine des femmes concernées, la plupart étaient belges. Une centaine de femmes sont tout de même venues de l’étranger pour pratiquer leur IVG en Belgique. Par ailleurs, en 2017, 472 Belges se sont rendues au Pays-Bas pour avorter (elles étaient 527 en 2016), le délai légal pour pratiquer une IVG y est de 24 semaines contre 12 semaines en Belgique.

Pas de désir d’enfant

Concernant les raisons de ces avortements, dans un cas sur trois, les personnes ne désiraient pas d’enfant. Près de 14% considéraient que la famille était déjà suffisamment grande, 9% se sentaient trop jeunes pour avoir un enfant, 6% évoquaient les études et 6% pointaient également des problèmes d’argent.

Dans près de la moitié des cas, la grossesse non désirée était la conséquence de l’absence de recours à un moyen contraceptif. Les avortements sont majoritairement opérés dans des centres spécialisés, l’hôpital n’ayant été choisi que dans 16% des cas.
 

La dépénalisation de l’avortement de retour au Parlement

Ces statistiques arrivent alors que la modification de la loi belge sur l’avortement devrait faire son retour à la Chambre le 17 février. Pour rappel, le texte prévoit une dépénalisation totale de l’interruption volontaire de grossesse (pour les patientes et les médecins), la réduction du délai de réflexion imposé aux femmes qui souhaitent avorter de 6 jours à 2 jours et l’allongement du délai légal pour pratiquer un avortement, qui passe de 12 à 18 semaines après la conception.

Les débats politiques sur cette loi ont été vifs et le point a été reporté de nombreuses fois en commission. L’assouplissement de la loi a été voté une première fois par une majorité alternative PS, Spa, Ecolo-Groen, MR, Open Vld, PTB et Défi, en commission Justice fin 2019. Les opposants CD & V en tête ont demandé un avis du Conseil d’État, avis qui devrait être rendu à la fin de la semaine prochaine.

Concernant les arguments des uns et des autres, N-VA et CD & V s’opposent à une modification de la loi et insistent plutôt sur la prévention. Côté Open Vld, Ecolo et PS, on souligne que la baisse des avortements est faible sur un plus long terme et qu’il reste beaucoup de femmes en détresse. Et qu’en outre, elles sont toujours près de 500 par an à se rendre aux Pays-Bas pour bénéficier de délais plus longs. D’où la nécessité selon ces partis de changer la loi.

 

>>> Le reportage de Questions à la Une sur l'avortement (11 octobre 2017)

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